Jean-Pierre Foucault : "Il est logique que je laisse ma place aux jeunes"

Jean-Pierre Foucault se fait de plus en plus rare à la télévision. Hormis la présentation de Miss France et les tirages du Loto, l’animateur de TF1 a décidé de lever le pied pour se consacrer à ses passions. Dans son nouveau livre, il s’intéresse au VéloSolex (“L’Épopée d’un cyclomoteur”, Editions Hugo Motors). Entretien avec un monstre sacré de la télévision.

Crédit : Laurent Zabulon / TF1

Vous présenterez prochainement la nouvelle édition de Miss France (le samedi 16 décembre à 21h sur TF1) ainsi qu’un prime de “Danse avec les stars” avec Sandrine Quétier. Ce sera vos seules apparitions de l’année en prime-time. Êtes-vous en pré-retraite ?

J’ai 70 ans ! Il est logique que je laisse la place à la génération montante. Moi-même j’ai eu leur âge et j’aurais mal pris qu’une personnalité soit là à boucher les carrières des autres. Je travaille tout de même 80 fois par an en pré prime-time pour la Française des jeux et je présente toujours les Miss France. Après avoir travaillé au quotidien pendant plus de 50 ans, il est normal que je laisse aux talentueux présentateurs d’aujourd’hui le rôle qui est le leur.

Ce n’est pas le cas de tout le monde. Certains animateurs ou journalistes s’accrochent à leur poste…

Alors moi je n’aimerais pas m’accrocher. Au contraire, j’ai aujourd’hui la possibilité de faire ce que je n’ai jamais pu faire. Je m’occupe de mes proches, de mes amis et je voyage. Cette année j’ai fait la route 66 en Harley Davidson. J’ai fait la Polynésie où je n’étais jamais allé pour faire une élection de Miss. Bref, je m’offre un peu de bon temps après des années de labeur que j’ai énormément appréciées. Mais il est temps de lever le pied.

Est-ce que ça signifie que vous pourriez passer la main pour la présentation des Miss France ?

Je n’en sais rien. Pour l’instant le problème ne se pose pas. Avec un prime une fois par an, le rythme n’est pas infernal (rires). L’exercice me plaît toujours et je m’y sens bien. C’est un énorme direct de plus de 3 heures, le plus gros spectacle de la télévision française avec les Enfoirés. Tant que j’ai la force de le faire et qu’on ne me lance pas des pierres dans la rue, je continuerai de le faire.

Crédit : Laurent Zabulon / TF1

Savez-vous si vous présenterez l’édition 2019 ?

Je présente déjà l’élection 2018 au mois de décembre qui sera ma 23e élection. Ce qui signifie que les premières Miss que j’ai élues sont presque grand-mères (rires). Pour la suite, je n’aime pas beaucoup le jeu des pronostics.

“Qui veut gagner des millions” est-il susceptible de revenir à l’antenne ?

Honnêtement je ne sais pas. Moi je n’en ai pas de prévu. On a fait cette émission pendant 15 ans, c’est déjà une performance. Elle a révolutionné les jeux télévisés par les gains proposés. Mais aujourd’hui il y a des jeux qui offrent plus. Elle n’est plus aussi évènementielle qu’avant.

Crédit : David Merle / TF1

Vous en êtes où avec TF1 ? Êtes-vous toujours en contrat ?

Toujours et heureux de l’être depuis trois décennies.

Comment vous préparez-vous pour la co-présentation de “Danse avec les stars” (le samedi 11 novembre à 21h sur TF1) ?

J’ai simplement dit que j’acceptais bien volontiers de présenter l’émission à condition de ne pas danser. J’ai regardé mes collègues Nikos Aliagas et Christophe Dechavanne à la co-présentation les semaines passées, je pense que je devrais y arriver…

On parle beaucoup en ce moment du harcèlement sexuel. Dans votre carrière à la télévision, avez-eu eu l’occasion d’observer ce genre de pratiques ?

Dans mon entourage heureusement non. Et je m’en félicite car ce sont des situations absolument scandaleuses : user de son autorité à des fins sexuelles c’est quelque chose qui me répugne. Je n’y ai pas assisté sinon, me connaissant, je serais intervenu. C’est une bonne chose que la parole se libère.

Vous sortez un livre sur le VéloSolex (“L’Épopée d’un cyclomoteur”, Editions Hugo Motors). Qu’évoque pour vous cet engin ?

Le VéloSolex a été mon premier instrument de liberté. Ma mère m’en a offert un alors que j’étais encore en classe à 12-13 ans. C’était un engin plutôt moche, instable, avec tous les défauts du monde mais qui roulait à 30 km/h pour un Franc tous les 100 km ! Très vite, il y a eu deux catégories d’ados : ceux qui avaient un VéloSolex et ceux qui ne l’avaient pas. Il n’y a pas une famille qui n’ait pas connu le Solex puisqu’il s’en en vendu entre 8 et 10 millions d’exemplaires. Un succès phénoménal.

Une des particularités du VéloSolex est qu’il n’avait pas de compteur ?

Oui, on ne savait pas à quelle vitesse on roulait mais de toute manière on s’en fichait car il ne dépassait pas les 30km/h. Il n’y avait pas de compteur kilométrique non plus, ce qui fait qu’au moment de la revente on pouvait dire qu’il était neuf (rires)

Avez-vous encore un VéloSolex dans votre garage ?

Celui de ma jeunesse a malheureusement disparu, abandonné et pillé sur un trottoir à Marseille. Mais j’ai toujours un Solex que j’ai acheté aux enchères en 1989 lors d’une émission spéciale sur TF1 pour les Restos du cœur. Nous avons été quelques-uns à acquérir les derniers Solex. Je le garde jalousement chez moi à Carry-le-Rouet (Bouches-du-Rhône).

On vous sent nostalgique de cette époque. Aimez-vous la nostalgie ?

Je ne suis pas nostalgique au sens propre du terme mais j’aime bien de temps en temps regarder derrière pour savoir ce qu’il s’est passé. Rassurez-vous, je ne vis pas avec le bourdon de la nostalgie.

Thomas Joubert.

“VéloSolex : l’Épopée d’un cyclomoteur”, Editions Hugo Motors