Jean-Pierre Bourguignon : "La recherche scientifique avec prise de risque est un des grands enjeux du futur"

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Jean-Pierre Bourguignon dirige le Conseil européen de la recherche (ERC), instrument de finance des contrats de recherche sur la seule base de la qualité scientifique. Dans un entretien à Sciences et Avenir, il s'inquiète du retard dans le financement de la science européenne à haut niveau et d'une vision à court-terme face à la concurrence renouvelée des Etats-Unis et de la Chine.

"Si l'Europe ne se ressaisit pas et ne repense pas la façon dont elle peut tirer parti de son talent scientifique pour conserver son rôle dans le monde, tout en gardant nos valeurs communes - liberté de recherche, coopération et paix - elle fera face à un déclin majeur sur la scène mondiale" (1). Jean-Pierre Bourguignon, à la tête du Conseil européen de la recherche (ERC), qui finance des contrats de recherche sur la seule base de la qualité scientifique (lire encadré), s’inquiète aujourd’hui de la persistance d’un sous-financement de la recherche au niveau européen, tant dans le programme-cadre mis en œuvre par la Commission européenne que dans les actions mises en place dans les États-membres. Sciences et Avenir fait le point sur cette évolution avec le président de la principale agence européenne de financement de la recherche "bottom-up", à l’heure où les États-Unis et la Chine font de la R&D une de leurs priorités politiques majeures. , jugeant "essentiel de rafraîchir et revigorer notre stratégie nationale en science et technologie". avec l’annonce d’une augmentation de 7 % par an du budget consacré à la recherche fondamentale dans le nouveau plan quinquennal 2021-2025.

"La concentration de multiples capacités a conduit à une innovation remarquable"

Sciences et Avenir : Il n’est pas toujours facile pour le profane de faire la distinction entre recherche, technologie, innovation… Toutes semblent stratégiques pour ce ressaisissement de l’Europe que vous appelez de vos vœux. En quoi ?

Jean-Pierre Bourguignon : L’exemple du vaccin développé par BioNTech et produit ensuite par Pfizer pour la partie industrielle me semble très utile pour comprendre un mécanisme crucial. Ce que beaucoup répètent aujourd’hui, c’est que le problème de l’Europe est de ne pas savoir innover. Comme s’il fallait se focaliser sur cet aspect des choses, en reportant les investissements dans la recherche à plus tard. Or, que nous montre l’expérience de Ugur Sahin et Özlem Türeci, les créateu[...]

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