Qui est Jean-Paul Garraud, que Marine Le Pen veut nommer Garde des Sceaux si elle est élue présidente?

Hugo Septier
·3 min de lecture
Jean-Paul Garraud - Image d'illustration  - Thomas SAMSON / AFP
Jean-Paul Garraud - Image d'illustration - Thomas SAMSON / AFP

Inconnu du grand public, Jean-Paul Garraud prend du galon au sein du Rassemblement national. Invitée ce jeudi de l'émission Face à BFM, la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a expliqué, si elle était élue en 2022 à la présidentielle, vouloir nommer cet homme de 65 ans Garde des Sceaux. Il remplacerait alors Éric Dupond-Moretti, qui a récemment violemment tancé la fille de Jean-Marie Le Pen.

Riche carrière dans la magistrature

Originaire de Toulouse, Jean-Paul Garraud a débuté sa longue carrière au tribunal de grande instance de La Rochelle avant d'occuper, jusqu'en 1996, le poste de président du tribunal de grande instance des Sables-d'Olonne, en Vendée. La riche carrière de Jean-Paul Garraud se poursuit ensuite à l’École nationale de la magistrature, où il occupe le poste de directeur adjoint, avant de devenir vice-président du tribunal de grande instance de Paris ainsi que conseiller du président du Sénat.

C'est au détour des années 2000 que la carrière politique du sexagénaire prend son envol. Au sein de l'UMP, ce dernier est deux fois élu député de Gironde entre 2002 et 2012. C'est en 2012 justement, qu'un rapprochement avec l'extrême-droite se produit. Comme le précise L'Opinion, candidat à sa réélection de député, il remet en cause le "cordon sanitaire" avec le FN, provoquant le courroux de son parti, qui le lâche.

Battu lors des législatives, Jean-Paul Garraud retourne à ses premiers amours et devient avocat général de la Cour d'appel de Poitiers. Il est également nommé juge à la Cour de justice de la République.

De l'UMP au RN

Alors qu'arrivent les élections européennes de 2019, le rapprochement entre Jean-Paul Garraud et le Rassemblement national devient effectif. Secrétaire général de La Droite populaire, un courant politique issu de la défunte UMP créé avec Thierry Mariani, il se présente au scrutin continental sans pour autant adhérer au RN, et quitte Les Républicains. Arrivé 9e sur la liste, il devient ainsi eurodéputé.

"L'UMP s'est déchirée, je savais que ça n'aboutirait à rien. Ils n'ont même pas de candidat à la présidentielle. Il ne faut pas s'éparpiller, j'appelle au rassemblement, à l'union, à me rejoindre car il y a la possibilité de gagner la Région", explique-t-il auprès de France Bleu, alors questionné sur son départ du parti de droite.

Pour les élections régionales de cette année, le parti de Marine Le Pen choisit une nouvelle fois Jean-Paul Garraud, en lieu et place de Julien Sanchez, afin de conduire la liste du RN pour l'Occitanie. Selon un récent sondage de La Dépêche, il est actuellement crédité de 26% des intentions de vote et talonne Carole Delga, candidate socialiste, qui caracole en tête avec 28%.

"J'y vais pour gagner"

Interrogé par le média national, le candidat est sûr de son fait. "J'y vais pour gagner, pas pour faire de la figuration", martèle-t-il.

"Mes thèmes à moi sont le régalien, la sécurité dans les transports, dans les lycées. Je pense aussi au monde de l'entreprise, de l’environnement, des transports. Je vais développer mon programme avec un groupe RN sortant à la Région qui a fait un excellent travail malgré l'ostracisme dont il a fait l'objet", assure-t-il.

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S'il était effectivement nommé ministre de la Justice, Jean-Paul Garraud a d'ailleurs plusieurs projets en tête. En ce qui concerne le traitement des terroristes, ce dernier souhaite "un droit exceptionnel et des procédures spéciales."

Il a également fait de la lutte contre le trafic de drogue l'une de ses batailles, rappelle le Huffington Post.

Article original publié sur BFMTV.com