Jean-Paul Delevoye pressenti pour devenir ministre des retraites

Jean-Paul Delevoye (ici le 18 juillet 2019 avec Agnès Buzyn) pressenti pour devenir ministre des retraites (Photo: Getty Images)

POLITIQUE - Ancien ministre de Jacques Chirac, Jean-Paul Delevoye s’apprête-t-il à revenir sur le devant de la scène? Celui qui est aujourd’hui haut-commissaire auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn va, selon le JDD ce 25 août, entrer au gouvernement pour porter publiquement la réforme explosive des retraites qu’il prépare depuis des mois. 

Si l’homme de 72 ans n’a pas souhaité confirmer, l’hebdomadaire précise qu’il aurait accepté la mission. Cette piste est également avancée par le quotidien en ligne La Lettre A. Le calendrier de ce retour au premier plan n’est pas encore acté à en croire le Journal du dimanche qui évoque un remaniement calé en fonction des municipales. D’autant que l’hebdomadaire croit savoir que la réforme des retraites ne sera pas soumise au Conseil d’État avant la fin de l’année.

Quel que soit le calendrier, cette nomination ne devrait rien au hasard. Jean-Paul Delevoye, haut fonctionnaire de “l’ancien monde”, ancien maire, député, sénateur, ministre, médiateur de la République, a été placé très tôt au cœur de la Macronie. Il viendrait ainsi soulager l’agenda d’Agnès Buzyn, une ministre déjà impliquée sur de nombreux fronts à commencer par la loi sur la Bioéthique ou la grève inédite des services d’urgence. 

Un renfort pour une réforme explosive

Président de la commission nationale d’investiture de la toute jeune formation En Marche!, c’est Jean-Paul Delevoye -en partie- qui avait choisi les candidats de la formation politique. Depuis il a piloté des centaines d’heures de concertation et préparé la construction du futur système de retraites par points voulu par Emmanuel Macron.

Il a d’ailleurs présenté ses recommandations mi-juillet en vue de ce “système universel” pensé pour remplacer la quarantaine de régimes existants. Le fruit de 18 mois de discussions avec syndicats et patronat.  Un point, parmi d’autres cristallise les débats: l’âge de départ à “taux plein” à 64 ans préconisé par le haut-commissaire.

Comme promis par le candidat Macron, la réforme ne touchera pas à l’âge légal actuellement en vigueur, de 62 ans. Mais le rapport de Jean-Paul Delevoye préconise aussi l’instauration d’un ”âge du taux plein”, de 64 ans pour la génération née en 1963, assorti d’un système de décote/surcote. 

Concrètement, les travailleurs verront leur pension minorée de 10% s’ils partent à 62 ans, de 5% à 63 ans. À 65 ans, ils bénéficieront au contraire d’une majoration de 5%, et de 10% à 66 ans. L’âge du taux plein devant évoluer avec l’espérance de vie, il atteindrait, selon les projections actuelles, 65 ans et 5 mois pour la génération 1980, et 66 ans et 3 mois pour la génération 1990. 

Autant de points délicats qui seront au cœur d’une rencontre entre les partenaires sociaux et Édouard Philippe les 5 et 6 septembre en vue de nouvelles concertations. Jean-Paul Delevoye sera sans doute autour de la table. Mais sous quelle casquette? 

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