Jean-Paul Belmondo sur Netflix: cinq films avec "Bébel" à voir absolument

Jérôme Lachasse
·5 min de lecture
Jean-Paul Belmondo dans
Jean-Paul Belmondo dans

Jean-Paul Belmondo débarque ce lundi 2 novembre sur Netflix et rejoint sur la plateforme de streaming d'autres icônes de l'histoire du 7e Art comme Charlie Chaplin, François Truffaut ou Jean-Luc Godard. En tout, dix-huit longs-métrages sont disponibles. L'ensemble, représentatif de l'étendu de son talent, permet de découvrir la filmographie de l'un des acteurs les plus populaires du cinéma français.

Le néophyte pourra notamment découvrir ses débuts avec la Nouvelle Vague (A bout de souffle, Pierrot le fou), ses rôles plus dramatiques (Léon Morin, prêtre, Stavisky..., Le Corps de mon ennemi), ses films d'aventures facétieux (Cartouche, Le Magnifique, L'As des As) et ses films d'action aux cascades toujours plus incroyables (L'Incorrigible, Peur sur la ville, Flic ou Voyou, Le Guignolo, Le Professionnel, Les Morfalous, Le Marginal, Hold-up).

On regrettera notamment l'absence de L'Homme de Rio, d'Un singe en hiver, du Doulos, du Voleur, des Mariés de l'an II ou encore d'Itinéraires d'un enfant gâté, autres films essentiels d'un acteur qui a toujours cherché à l'écran à s'amuser, pour mieux divertir le public.

"A bout de souffle" de Jean-Luc Godard (1960)

Film qui a révélé Jean-Paul Belmondo, À bout de souffle (1960) est un des films les plus influents de l'histoire du cinéma. Pastiche de film noir au montage rapide, très audacieux pour son époque, À bout de souffle a fait de Godard et Belmondo des stars et a inspiré des réalisateurs comme Martin Scorsese, John Woo et Quentin Tarantino.

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Jean-Paul Belmondo, qui avait jusqu'alors joué dans une demi-douzaine de films, irradie l'écran de sa beauté sauvage et désinvolte. Clope au bec, Belmondo livre une désopilante parodie de l'icône des films noirs américains Humphrey Bogart et devient par la même occasion celle de la jeunesse française.

"Le Magnifique" de Philippe de Broca (1973)

Quatrième collaboration de Jean-Paul Belmondo et Philippe de Broca après Cartouche, L'Homme de Rio et Les Tribulations d'un Chinois en Chine, Le Magnifique en est sans aucun doute le sommet. Inspiré d'un scénario de Francis Veber, cette comédie endiablée reprend l'esprit cartoonesque de L'Homme de Rio pour se moquer à la fois des livres d'aventures dans la lignée de James Bond ou OSS 117 et de l'image de Belmondo en action man indestructible.

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Film également très audacieux formellement, alternant sans cesse réalité et fiction, Le Magnifique met en scène Jean-Paul Belmondo dans un double rôle: d'un côté François Merlin écrivain au bord de la crise de nerf, et de l'autre son alter-ego de papier Bob Saint-Clar, sorte de James Bond de pacotille. Un film considéré comme une des meilleures comédies françaises des années 1970.

"Stavisky..." d'Alain Resnais (1974)

Biopic d'un célèbre escroc des années trente au centre d'un important détournement de fonds, Stavisky... est un des sommets de la carrière de Belmondo et un des films les plus importants de sa carrière. Réalisé par un des maîtres de la Nouvelle Vague, Alain Resnais, Stavisky... est une plongée kaléidoscopique dans l'entre-deux-guerres, une époque où le fascisme est progressivement en train de s'imposer en Europe.

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Belmondo incarne Stavisky avec sa gouaille habituelle, à laquelle il ajoute une sensibilité et une mélancolie inédites. Le comédien habitué à jouer les gros bras ou les jolis cœurs s'y montre mystérieux et livre une des meilleures prestations de sa carrière. Présenté au festival de Cannes en 1974, le film obtint un succès modéré au box office et incita Belmondo à s'éloigner définitivement du cinéma d'auteur pour privilégier des productions moins risquées et surtout moins éloignées de son image.

"Peur sur la ville" de Henri Verneuil (1975)

S'il y a un film à voir pour découvrir les prouesses de Belmondo en matière de cascades, c'est bien Peur sur la ville. Au-delà de son affiche culte, où l'acteur reprend le look de Bullitt sans pour autant l'adopter dans le film, ce polar signé Henri Verneuil surprend par sa violence, proche du giallo, ce cinéma d'exploitation italien qui mêle thriller et épouvante.

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Le clou du film reste la longue course poursuite sur les toits de Paris et dans le métro aérien, que Belmondo a réalisée sans doublure. Une séquence qui marque le début d'une nouvelle période dans la carrière de la star, plus centrée sur l'action et les cascades et qui vire à l'auto-parodie dans les années 1980 avec des titres comme Le Marginal ou Hold-up.

"Le Professionnel" de Georges Lautner (1981)

Héros sans peur et sans reproche, Belmondo a rarement eu l'occasion au cours de sa carrière de jouer des personnalités dramatiques. Même lorsqu'il interprète le tragique Stavisky, Belmondo le joue avec gouaille. Son rôle de l'agent secret Josselin Beaumont dans Le Professionnel est un des rares moments de sa carrière où il a accepté de jouer sans fioriture une figure tragique.

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Rythmé par la musique lancinante d'Ennio Morricone, Le Professionnel raconte la vengeance d'un agent trahi par son gouvernement. Belmondo se montre plus dur que d'habitude dans ce thriller à charge, écrit par Jacques Audiard et George Lautner. Pour les besoins du film, il accepte d'ailleurs de mourir à l'écran. Si le comédien a déjà tourné des scènes où il meurt, notamment dans Le Doulos, Borsalino ou encore L'Héritier, sa mort dans Le Professionnel, une exécution, est une des scènes les plus cruelles, et les plus mémorables, de sa carrière.

Article original publié sur BFMTV.com