Jean Messiha, responsable aux Études du RN, quitte le parti sur fond de désaccords

S.B.-E.
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Le délégué national aux Etudes et aux argumentaires du Rassemblement national, Jean Messiha, va quitter le parti, sur fond de désaccords et d'ambitions déçues. - Joel Saget - AFP
Le délégué national aux Etudes et aux argumentaires du Rassemblement national, Jean Messiha, va quitter le parti, sur fond de désaccords et d'ambitions déçues. - Joel Saget - AFP

Le délégué national aux Etudes et aux argumentaires du Rassemblement national, Jean Messiha, va quitter le parti, sur fond de désaccords et d'ambitions déçues.

"Je suis un homme libre, je vais me consacrer à la réflexion, à l'écriture, peut-être monter un think tank sur les problématiques économiques", a indiqué à l'AFP l'ancien responsable du RN, entré dans le parti en 2016, énarque de formation, toujours salarié du ministère de la Défense, confirmant une information de L'Obs.

Jean Messiha doit rencontrer Marine Le Pen jeudi matin pour lui annoncer son départ. Il explique à l'AFP avoir "beaucoup d'affection" pour la présidente du RN mais aussi des "différences" avec elle et le "sentiment que (son) engagement et (ses) compétences n'ont pas été reconnus".

Le RN manque de "victoires très franches dans les urnes"

Il estime dans Valeurs Actuelles que le RN a "largement gagné la bataille des idées" mais ne parvient "pas à susciter un grand élan populaire qui se traduit par des victoires très franches dans les urnes".

"C'est un peu comme une équipe de foot qui a beaucoup de supporters et un sélectionneur plein de bonne volonté mais qui ne gagne pas ou très rarement. On ne peut pas constamment dire que c'est la faute du terrain, de l'arbitre, du ballon ou des journalistes sportifs", ajoute Jean Messiha.

Des différends avec Marine Lepen

Jean Messiha considère que le mouvement "national et populaire" doit être "incarné par une personnalité qui inspire, par ses idéaux, sa détermination, mais aussi par sa compétence, une réelle confiance", qui "maîtrise bien les questions économiques et connaisse les rouages de l'Etat". Il admet aussi un différend sur l'islam qui, selon lui, "pose un problème à la France", alors que Marine Le Pen "considère que l'islam en tant que religion n'est pas un problème pour la France".

Il ne rejoint pas l'école de l'ancienne députée FN (devenu RN) Marion Maréchal mais dit qu'elle "a un talent remarquable et elle est très appréciée par la base" frontiste. Il déplore aussi ne pas avoir été choisi par le RN pour conduire sa liste aux européennes ou aux municipales à Paris, où le candidat choisi, extérieur au parti, a récolté 1,5% des voix. Dans l'entourage de Jean Messiha, on évoque enfin des "ennemis" au sein de "la garde rapprochée" de Marine Le Pen "aussi nuisibles qu'inefficaces".

Article original publié sur BFMTV.com