Jean-Luc Mélenchon (presque) candidat à la présidentielle 2022

Romain Herreros
·Journaliste politique
·3 min de lecture
Jean-Luc Mélenchon sur le plateau de TF1 dimanche 8 novembre (Photo: Capture TF1)
Jean-Luc Mélenchon sur le plateau de TF1 dimanche 8 novembre (Photo: Capture TF1)

POLITIQUE - Il se lance. Ce dimanche 8 novembre, Jean-Luc Mélenchon a déclaré sur le plateau du 20 Heures de TF1 qu’il se portait candidat à la présidentielle 2022 , comme ceci était (fortement) pressenti. C’est donc la troisième fois qu’il brigue la présidence de la République, à l’instar de Marine Le Pen, qui a également officialisé sa candidature il y a quelques semaines.

″Je suis prêt et je propose ma candidature mais je demande une investiture populaire”, a déclaré le leader de la France insoumise, qui annonce que sa candidature se fera à la condition de l’obtention de 150.000 parrainages.

Pour obtenir cette “investiture populaire”, le député des Bouches-du-Rhône a annoncé le lancement du site “noussommespour.fr”, sur lequel les internautes qui le souhaitent peuvent le soutenir. Jean-Luc Mélenchon a par ailleurs précisé que ce mode de désignation figurait dans son programme.

“Mon intention est qu’ensuite 150.000 personnes aient le pouvoir d’investir un candidat, aujourd’hui, seuls 500 élus le peuvent. Je soutiens l’idée que les citoyens puissent investir un candidat”, a-t-il poursuivi.

Une condition facile à remplir

Alors que des envies de candidatures étaient prêtées à d’autres cadres insoumis, à l’instar de François Ruffin, Jean-Luc Mélenchon a assuré que son nom a fait l’unanimité en interne. Le député de la Somme a d’ailleurs apporté son soutien plein et entier à son “ami” Jean-Luc Mélenchon. “Il y a beaucoup de talents, j’ai d’ailleurs une équipe prête à gouverner”, a déclaré le candidat LFI, qui souhaite en 2022 “abolir la monarchie présidentielle”.

Très présent sur les réseaux sociaux, Jean-Luc Mélenchon ne devrait pas avoir grand mal à recevoir 150.000 soutiens. Sa chaîne YouTube affiche en effet près de 500.000 abonnés, quand sa page Facebook en réunit plus d’un million. Notons également qu’il avait réuni plus de 7 millions d’électeurs en 2017.

C’est donc une condition pour le moins facile à remplir que s’est fixé l’élu marseillais qui souhaite, via sa candidature, “allumer une lumière pour qu’on se dise qu’il y’en a au bout du tunnel”. En réalité, Jean-Luc Mélenchon n’avait aucun intérêt à se compliquer la tâche. Cet appel aux citoyens est surtout un moyen de capter une légitimité à gauche et d’esquiver une primaire que certains souhaitent.

A gauche justement, on prend timidement acte de cette initiative personnelle. “Jean-Luc Melenchon a fait son choix. Je le respecte. Les communistes feront le leur en temps voulu. Pour l’instant, la priorité est à faire face à la pandémie, à résister et à agir pour nos concitoyens”, a tweeté le secrétaire national du PCF Fabien Roussel. L’ancien chef du PS, Jean-Christophe Cambadélis, est plus sévère.

“Jean-Luc Mélenchon n’a pas écouté Lionel Jospin. Il choisit ses humeurs plutôt que son instinct politique. Dommage pour lui, dommageable pour la gauche”, a grincé le socialiste. Si l’obtention de “l’investiture populaire” sembler relever de la formalité, la fédération de la gauche autour de sa candidature paraît encore très compliquée.

A voir également sur Le HuffPost: Contre le couvre-feu, Mélenchon reprend “En bande organisée”

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.