Comment Jean-Luc Mélenchon veut se réinventer

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Pour sa troisième candidature, le chef des insoumis se voit en «candidat commun» de la gauche. Une nouvelle stratégie loin du bruit et de la fureur d’antan.

Son état d’esprit. Officiellement, il consultait ses «amis» depuis des semaines. En pratique, Mélenchon était fin prêt. Le report pour cause de confinement d’une réunion des parlementaires insoumis, prévue le 7 novembre et qui devait aborder la question de sa candidature, n’a pas empêché le tribun de sortir du bois dimanche sur TF1. «Il y a un an, je l’ai vu qui s’interrogeait sur la place qu’il pouvait avoir, confie son lieutenant Alexis Corbière. Aujourd’hui, je le sens déterminé et galvanisé par la période.» En rupture avec La France insoumise, le politologue Thomas Guénolé nuance : «Il craint d’être marginalisé par une autre candidature à gauche, alors il essaie d’être le premier. C’est un geste foncièrement défensif.» Marie-Noëlle Lienemann, l’amie de trente ans, dément : «Jean-Luc ne va pas à l’abattoir. Il pense que le match Macron-Le Pen n’est pas plié d’avance.» Comme lors de ses précédentes tentatives, celui qui a frôlé les 20% des voix en 2017 privilégie une campagne longue. Mais à la tonalité différente.

Ses failles. S’il reste fort à gauche –quoique concurrencé par Hidalgo dans les sondages–, l’insoumis ne manque pas de talons d’Achille. Son coup de sang lors de la perquisition du siège de LFI en 2018 a marqué l’opinion. L’homme des grands meetings pourrait aussi être handicapé par la pandémie. Au sein de LFI, on craint par ailleurs que les enquêtes judiciaires visant le mouvement n’aboutissent en pleine campagne. Enfin, le positionnement du chef sur la laïcité et l’antiracisme divise. D’aucuns voient dans la «créolisation», concept promu par le candidat, un expédient pour réconcilier les sympathisants mélenchonistes partisans de l’universalisme républicain et les militants plus complaisants avec une(...)


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