Jean-Louis Trintignant, l'acteur qui collectionnait les plus grands réalisateurs

Emmanuelle Riva et Jean-Louis Trintignant durant la promo de
Emmanuelle Riva et Jean-Louis Trintignant durant la promo de

Emmanuelle Riva et Jean-Louis Trintignant durant la promo de "Amour" de Michael Haneke, le 9 octobre 2012. (Photo: TIZIANA FABI via AFP)

CINEMA - Légende du cinéma français, Jean-Louis Trintignant s’est éteint ce vendredi 17 juin à l’âge de 91 ans, a annoncé son épouse Mariane Hoepfner Trintignant dans un communiqué. L’acteur laisse derrière lui une filmographie riche et des collaborations avec de réalisateurs de renom, de Roger Vadim à Michael Haneke.

C’est à l’affiche d’Et Dieu... créa la femme de Roger Vadim que Jean-Louis Trintignant crève pour la première fois l’écran en 1956. Le film, dans lequel il joue aux côtés de Brigitte Bardot, rencontrera un succès planétaire. Il tournera à nouveau pour Vadim dans Les liaisons dangereuses ou encore Château en Suède.

En 1966, il interprète un coureur automobile veuf dans Un homme et une femme de Claude Lelouch. “Un film sublime”, confie l’acteur des décennies plus tard à Paris-Match. “On ne sent pas les efforts qu’il nous a demandés, le manque de moyens”, se souvient Jean-Louis Trintignant. “Quand je l’ai tourné, j’avais déjà une trentaine de longs-métrages derrière moi. Et là, pour la première fois, je me sentais bien sur un tournage. Quelque chose de magique s’est déclenché.” L’acteur jouera 53 ans plus tard, en 2019, dans Les plus belles années d’une vie, film testament d’Un homme et une femme. Le Voyou et plusieurs autres films figurent également dans sa filmographie sous la réalisation de Lelouch.

En 1968, il collabore avec l’auteur et réalisateur Alain Robbe-Grillet pour L’homme qui ment, qui lui vaudra l’Ours d’argent du meilleur acteur au festival de Berlin. Trintignant jouera aussi dans Trans-Europ-Express et Glissements progressifs du plaisir de Robbe-Grillet. Figure dans sa filmographie aussi des films avec Claude Chabrol (Les biches), Éric Rohmer (Ma nuit chez Maud), François Truffaut (Vivement dimanche!), André Téchiné (Rendez-vous) ou encore Jacques Audiard (Regarde les hommes tomber, Un héros très discret).

L’un des films qui a le plus compté dans ma carrière

La carrière de Jean-Louis Trintignant ne s’est pas limitée aux réalisateurs français. À la fin des années 1960, il est choisi par le réalisateur grec Costa-Gavras pour interpréter un magistrat dans Z, un polar politique. “On dit toujours que les comédiens ne doivent pas faire de la politique, déclare le comédien à la sortie du film en 1969. Mais il faut en faire, on en fait trop peu.”

En 1970, Jean-Louis Trintignant tourne dans “certainement le plus beau film auquel [il a] participé”: Le conformiste, de Bernardo Bertolucci. Le film se déroule dans l’Italie fasciste des années 1930. Ils avaient déjà collaboré pour Compartiment tueurs.

Après 10 ans loin des plateaux de cinéma et la mort de sa fille Marie Trintignant, l’acteur marque son grand retour avec Amour du réalisateur autrichien Michael Haneke. Le film, dans lequel il joue avec Emmanuelle Riva un couple d’octogénéraires, reçoit la Palme d’or à Cannes en 2012. “C’est l’un des films qui a le plus compté dans ma carrière de comédien”, dira-t-il. En 2017, on le retrouve à l’affiche de Happy End d’Haneke.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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