Jean-Louis et Marie Trintignant, amour et douleur

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"Je suis mort le 1er août 2003, le jour où Marie est morte": Jean-Louis Trintignant entretenait avec sa fille une relation qui dépassait les liens du sang. Un amour proclamé face aux médias et une complicité magnifiée sur scène grâce à Apollinaire.

"Mon p'tit Lou adoré/Je voudrais mourir un jour que tu m'aimes (...)/Je voudrais que tu sois la nuit pour nous aimer dans les ténèbres."

Ces vers écrits par le poète, alors au front de la Première Guerre mondiale, pour celle qu'il aimait, l'aviatrice Louise de Coligny-Châtillon, Jean-Louis et Marie Trintignant les lurent ensemble au printemps 2003.

"Ces poèmes d'amour sont parmi les plus beaux jamais écrits. Il y a la mort, toute proche, et cette histoire fulgurante qui démarre dans l'exaltation et le bonheur et sombre, très vite, dans les abîmes du désespoir", déclarait la comédienne au Monde.

Presque trois mois plus tard, elle succombait à 41 ans sous les coups portés par le chanteur Bertrand Cantat à Vilnius (Lituanie).

Un drame dont son père ne s'est jamais remis.

"À l'intérieur de moi, tout est détruit. Je devais venir la retrouver ce soir-là et je ne suis pas venu. Si j'avais été présent, elle ne serait sans doute pas morte. Cette culpabilité me pèse beaucoup parce que je suis presque sûr d'avoir raison", déclarait-il dans un recueil d'entretiens "À la vie, à la mort" publié en mars 2018.

En 2012, l'acteur s'était confié à André Asséo dans un autre livre, "Du côté d'Uzès". Il avait évoqué la mort, bébé, de son autre fille Pauline, en 1970.

"Nadine et moi avions loué un appartement à Rome pour deux mois, le temps du tournage du +Conformiste+. Un matin, je partais tourner, je suis allé embrasser Pauline dans son berceau. Elle était morte. On n'a pas su comment. J'ai dit à Nadine: +Soit on se suicide, soit on accepte de vivre pour Marie+".

- "organique" -

"J'avais une complicité magnifique avec Marie. Je ne sais pas s'il y a des gens qui connaissent un rapport aussi riche avec leur fille. La mort de Marie fut la plus grande souffrance de ma vie. Rien au monde n'aurait pu m'atteindre davantage", ajoutait-il.

Uzès, c'est là où Jean-Louis Trintignant décida de se retirer dans les années 80. Là, où, jamais bien loin de lui, se trouvait Marie qui possédait également une propriété dans la région.

"Il y a quelque chose d'organique entre nous. C'est comme si nos flux sanguins revenaient au même moment", expliquait-elle.

"C'est un peu injuste, cette passion, mais l'amour vient de nous deux. Nous nous sommes connus au bon moment. Le moment où j'avais envie d'être père", déclarait-il en 2001 à l'Express.

Un père qui joua dans huit films avec sa fille. Un père qui refusa le rôle principal du "Dernier Tango à Paris" pour sa fille. "Marie, qui avait 11 ou 12 ans à l'époque et lisait les scénarios que je recevais, ne voulait pas. Elle redoutait qu'à l'école tout le monde parle du zizi de son papa... J'ai voulu la protéger."

En janvier 2001, au journal de 20 heures, complices et pudiques, ils firent la promotion de la pièce "Comédie sur un quai de gare" de Samuel Benchetrit, ancien compagnon de Marie.

"Une phrase, qui a été coupée dans la pièce, résume assez bien nos rapports. Je dis à un moment en secret: +Va élever des filles pour qu'à trente ans elles te quittent pour le premier mec venu+".

nip/fmi/mch/dlm

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