Coronavirus: pour ce médecin, la "logique de tri" est commencée en Île-de-France

Pierre Tremblay

CORONAVIRUS - Depuis des semaines, c’est le point de bascule redouté. Ce moment où des choix devront être fait entre les patients, en raison de la saturation des services de réanimation. Alors que la pandémie de coronavirus a franchi le cap des 25.000 morts dans le monde, Jean-François Corty, médecin dans une clinique parisienne, affirme dans une interview au HuffPost que cette “logique du tri” est commencée en Île-de-France.

Pour cet ex-directeur des opérations de Médecins du Monde (2008-2018) habitué des missions humanitaires (Liberia, Afghanistan, etc.), la France est dorénavant confrontée à une “situation exceptionnelle” de “médecine de catastrophe”.

Le HuffPost: Quelle est la situation dans votre clinique?

Jean-François Corty: Depuis une semaine, on ne peut plus transférer vers les urgences de Paris et les services de réanimation des patients âgés qui seraient confirmés au coronavirus. En général, ce sont des patients d’un certain âge, qui ont des pathologies ou maladies associées.

Mais aujourd’hui, ce qui est faisable en temps normal, c’est-à-dire les référer en réanimation pour les sauver, ne peut pas être fait parce que les lits de réanimation sont préservés pour les patients plus jeunes avec plus de chances de survie.

On est donc déjà entré dans cette logique de “tri”? 

Oui. En Île-de-France, depuis une semaine, on est dans cette logique de tri, nécessaire au regard des infrastructures et de la capacité d’absorption des cas graves, que ce soit dans les cliniques ou hôpitaux de Paris. Aujourd’hui, on priorise des personnes qui auront la capacité de supporter en moyenne de 10 à 15 jours de réanimation.

Concrètement, lorsque vous présentez un tableau de gravités, notamment avec une insuffisance respiratoire, soit vous êtes pris en réanimation car on estime que vous avez des chances de survie, soit vous on fait des soins palliatifs. Dans un autre contexte, ces soins palliatifs n’auraient pas lieu. En Île-de-France, le soin palliatif est aujourd’hui au coeur du...

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