Jean-François Mattei : « La confiance est le fondement même de la société »

Par Jean-François Mattei
·1 min de lecture
Médecin et ancien ministre, Jean-François Mattei a été élu à l'Académie des sciences morales et politiques le 29 juin 2015, au fauteuil laissé vacant par le décès de Raymond Boudon.
Médecin et ancien ministre, Jean-François Mattei a été élu à l'Académie des sciences morales et politiques le 29 juin 2015, au fauteuil laissé vacant par le décès de Raymond Boudon.

Un dessin signé par Sempé, accroché dans ma salle de consultations médicales, représentait, dans une église, une femme agenouillée sur un prie-Dieu, mains jointes et les yeux levés vers le ciel. La légende lui fait dire : « Mon Dieu, j'ai tellement confiance en Vous que quelques fois, j'ai envie de Vous appeler Docteur? »

Cette phrase a retenu mon attention, non parce que je crois que les médecins sont des dieux ? hélas peut-être, car ils pourraient faire des miracles ?, mais parce que, derrière son apparente légèreté, ce trait d'humour invite à la réflexion. La confiance intuitive et entière exprimée par cette femme peut se confondre avec la foi et l'on comprend que, selon les personnes et selon les circonstances, il est d'autres formes de confiance bien différentes.

La confiance d'autrui oblige en ce qu'elle est d'une exigence extrême pour créer une alliance et faire face à l'adversité. Mais la confiance connaît des niveaux d'intensité inégale. Fragile, elle s'avère sujette à fluctuations, comme le montrent les études d'opinion. La période difficile que nous traversons en est l'illustration. La pandémie a bousculé nos repères et révélé plusieurs modes de confiance, avec leurs différents visages au gré de fortunes diverses, oscillant entre le renoncement et la force d'espérer.

Les différents visages de la confiance

Le plus souvent, cette confiance se donne spontanément comme ce fut le cas pour les soignants et leurs équipes. La population a exprimé, sous des [...] Lire la suite