Jean-Claude Mailly, le syndicaliste aux quatre présidents

·2 min de lecture

L’ancien patron de Force ouvrière raconte, dans ses mémoires à paraître le 5 mai, quarante ans dans les coulisses des relations sociales.

Trois ans que Jean-Claude Mailly a quitté la tête de FO, lors d’une passation conflictuelle avec son successeur qui lui laisse un goût encore amer alors qu’il publie « Manifs et chuchotements » (éd. Flammarion). Il considère que le syndicalisme n’est pas en crise, notant que les syndiqués sont plus nombreux que les adhérents des partis politiques, mais qu’il souffre de faiblesses, tels ces « déserts » dont les représentants syndicaux sont absents, comme les TPE et PME, ou la représentation insuffisante des femmes et des jeunes. Des difficultés jugées surmontables. Il met cependant en garde pouvoirs publics et patronat contre le danger pour la démocratie que constitue un affaiblissement de la négociation et de la concertation. A ceux qui l’accusent d’avoir rompu avec le syndicalisme, il répond qu’il « n’a pas changé de camp » en rejoignant le privé. Il a créé sa propre société et exerce notamment des missions pour Alixio, présidée par Raymond Soubie, l’ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy, mais assure-t-il, ses « convictions n’ont pas changé », il est « simplement plus libre d’exprimer [son] réformisme social-démocrate ».

Il réserve le plus cinglant de ses portraits à Emmanuel Macron

En quatorze années comme secrétaire général de la troisième organisation de France, Jean-Claude Mailly a eu affaire à onze ministres du Travail, treize de l’Economie, sept Premiers ministres et quatre présidents de la République. Dans la galerie de portraits, il réserve le plus cinglant à l’occupant actuel de l’Élysée. Emmanuel Macron a « cru qu’il pouvait tout faire en court-circuitant les interlocuteurs sociaux ». Résultat, il s’est « trouvé confronté aux gilets jaunes ». Cela dénote « une méconnaissance du social, un manque(...)


Lire la suite sur Paris Match