Jean Castex, un bail de 22 mois à Matignon et... 350 déplacements

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Avec 350 déplacements dans quasiment toute la France en 22 mois à Matignon, Jean Castex a imprimé l'image d'un Premier ministre "des territoires", soucieux de la promotion de l'exécution des réformes, quitte à passer complètement sous les radars nationaux.

- 5 juillet 2020, commissariat de la Courneuve (Seine-Saint-Denis)

En sortant de l'autoroute A1, les gyrophares du convoi s'éteignent subitement et les vans bleu nuit s'engagent discrètement sur la bretelle menant à La Courneuve, jusqu'à s'engouffrer dans le parking du commissariat. Arrivé à Matignon deux jours auparavant, Jean Castex, inconnu du grand public, veut s'imposer en creusant un sillon: le régalien.

D'où cette visite imprévue auprès des forces de police, à l'issue d'un dîner avec Emmanuel Macron où il a réglé les derniers détails de la composition de son gouvernement, qui sera annoncé le lendemain.

Durant ses premières semaines entre deux vagues de Covid, M. Castex insiste sur la sécurité, se rendant à Nice, Dijon, Bobigny... avant d'être rattrapé à l'automne par la situation sanitaire.

- 6 septembre 2021, plateforme chimique de Roussillon (Isère)

Il fait plus de 30 degrés à l'ombre et les avenues bitumées de la plateforme n'offrent guère de répit aux élus et chefs d'entreprise accompagnant Jean Castex.

"Quel symbole tout de même", s'ébaudit le Premier ministre. A cet endroit doit être relancée la production de paracétamol, 15 ans après la fermeture du dernier site en France, grâce notamment à des crédits de l'Etat.

M. Castex resservira ensuite cet exemple abondamment, quand il s'agira d'illustrer la volonté de l'exécutif d'accroître la souveraineté industrielle du pays.

- 23 septembre 2021, en Saône-et-Loire

Accroupi, sa main posée sur celle de Renée Delize, 95 ans, Jean Castex commente les photos qu'il vient de décrocher du frigo. Le ministre de la Santé Olivier Véran promène, lui, son regard dans l'intérieur décati de cette maison située en périphérie de Couches.

Fidèle à sa réputation de "croque-mémé", M. Castex adore deviser avec les personnes âgées, plaisantant aimablement sur leur forme, glissant des consignes sanitaires pour la vaccination ou les gestes barrières.

Parfois emprunté face aux caméras, il n'est jamais tant à l'aise que dans la proximité, volontiers tactile et débonnaire. A Autun ce même jour, il trinque dans la rue avec une joyeuse bande de retraités du Crédit Agricole, munis d'alcool de prune dissimulé dans des distributeurs de gel hydroalcoolique. De quoi s'échauffer avant 47 minutes de discours sans note et au soleil.

- 3 novembre 2021, à Perpignan.

Avec une joie enfantine, Jean Castex se hisse dans la locomotive et fait siffler le train deux fois. Il vient officiellement de remettre sur rails le "train des primeurs" entre Perpignan et Rungis, après deux ans d'interruption. Un point d'orgue dans cette journée cousue main, marquée par un détour dans son fief de Prades et un concert-hommage à son idole Georges Brassens à Sète.

Pendant son bail à Matignon, M. Castex a multiplié les inaugurations de petites lignes, les signatures de projets de liaison à grande vitesse, les réouvertures de trains de nuit, allant jusqu'à dormir lui-même dans un Paris - Nice. Une passion.

- 31 décembre 2021, à l'hôpital Cochin (Paris)

"Je pourrais faire un Gault et Millau des hôpitaux", lance M. Castex en arrivant à l'hôpital Cochin. Le cap de la nouvelle année est franchi là, presque sans s'en apercevoir, dans les couloirs d'un service d'urgence, à deviser avec des soignants sur les taux d'incidence, doses de vaccin, ou encore les revalorisations salariales.

C'est par le biais de sa gestion du Covid que M. Castex a trouvé son existence médiatique et politique. Ses conférences de presse pour confiner ou déconfiner la France, détailler les mesures de restriction, lui ont donné une exposition sans pareil. Alors, inlassablement, M. Castex a arpenté hôpitaux, centres de vaccination, pharmacies et cabinets de médecin dans tous les coins de France.

- 22 avril 2022, à Narbonne

Autoroute A9, aire de Narbonne Vinassan. M. Castex patiente à la caisse, une carte Michelin flambant neuve à la main. La campagne présidentielle touche à sa fin. Loin, très loin de la frénésie des déplacements d'Emmanuel Macron et Marine Le Pen, le Premier ministre a ratissé à bas bruit, ici en Occitanie, de Nîmes à Alès en passant par Montpellier et l'arrière-pays sétois.

Alors, pour ce qu'il reste du trajet à accomplir avant de rejoindre Figeac dans le Lot, où se tient le dernier meeting du candidat Macron, M. Castex veut s'assurer qu'il n'y aura pas un ultime arrêt à effectuer, sans caméra ni photographe. Cela se terminera par une courte halte au viaduc de Millau, pour contempler l'ouvrage et échanger quelques mots avec les vendeuses d'un snack en avalant un café. Quelques heures plus tard, sous les halles de Figeac, M. Macron lui rendra un hommage appuyé.

jmt/cs/swi

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