Jean-Baptiste Fressoz : « La Révolution française a fait naître le catastrophisme climatique »

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La préoccupation quant aux effets de l’action humaine sur le climat n’est pas nouvelle : elle remonte même à la colonisation de l’Amérique il y a cinq siècles, nous explique l’historien Jean-Baptiste Fressoz, coauteur des « Révoltes du ciel » avec Fabien Locher.

L’histoire pour éviter de se raconter des histoires. Après avoir montré dans L’Apocalypse joyeuse (2012) que la conscience des destructions écologiques est aussi vieille que l’industrialisation, l’historien Jean-Baptiste Fressoz démolit, dans Les Révoltes du ciel, coécrit avec Fabien Locher, l’idée selon laquelle nous serions les premiers à nous inquiéter des conséquences climatiques de l’action humaine.Marianne : Dans Les Révoltes du ciel vous montrez que le souci climatique n’a rien de nouveau : il a au contraire été récurrent depuis cinq siècles en Occident. Cet éclairage historique rend-il caduc les discours selon lesquels nous affrontons un moment inédit marqué par l’irruption de la nature dans l’histoire humaine ?Jean-Baptiste Fressoz : Cette trajectoire historique relativise en effet le récit, à la fois grandiloquent et très gratifiant, faisant de nous les premiers à devoir penser l’histoire humaine avec celle de la Terre. En réalité, la préoccupation climatique est enracinée dans notre histoire dès l’aube de la modernité, à partir de la colonisation de l’Amérique au XVIe siècle. Cette piste m’est apparue en 2003 lorsque, travaillant aux archives de l’Académie des sciences pour ma thèse, j’ai...

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