Attentats : un ami de Jawad Bendaoud placé en garde à vue

Mardi 1er décembre, un proche de Jawad Bendaoud, surnommé le "logeur de Saint-Denis", a été placé en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur les attentats. Selon Itélé qui a révélé l’information, Mohammed S.est soupçonné d’avoir servi d’intermédiaire entre Hasna Aït Boulahcen, la cousine d'Abdelhamid Abaaoud, et Jawad Bendaoud pour que ce dernier trouve un logement de repli pour les terroristes en fuite.
Entendu par les enquêteurs, il peut rester jusqu'à quatre jours en garde à vue.

Jawad Bendaoud écroué après six jours de garde à vue

Jawad Bendaoud, lui, était resté six jours en garde à vue, une durée exceptionnellement longue liée au contexte de menace terroriste. Il a ensuite été mis en examen le 24 novembre et écroué dans la foulée.

La langue bien pendue devant les journalistes

Petit caïd de Saint-Denis, Jawad Bendaoud aurait accepté de louer à Abaaoud et à plusieurs autres personnes l'appartement de la rue Corbillon, à Saint-Denis, visé par un assaut du Raid mercredi 18 novembre. A l'issue de l'opération de police, Jawad traînait autour du bâtiment, commençant à parler aux journalistes. Il raconte alors qu'un de ses amis lui a "demandé d'héberger deux de ses potes pour quelques jours". "J'ai dit qu'il n'y avait pas de matelas, ils m'ont dit « c'est pas grave », ils voulaient juste de l'eau et faire la prière", raconte-t-il aux journalistes éberlués. "Ils venaient de Belgique", ajoute-t-il candidement, avant de conclure, face caméra par cette phrase qui fera ensuite le tour des réseaux sociaux : "On m'a demandé de rendre service, j'ai rendu service".

 

Condamné pour meurtre

Derrière lui, un policier tend l'oreille et finit par s'approcher, le prend par le bras et le met à l'écart pour l'interpeller. Jawad va alors passer six jours de garde à vue. Pendant ce temps-là, les journalistes sur le terrain enquêtent et découvrent que Jawad, troisième d'une fratrie de cinq, est loin d'être un rigolo. Il a même été condamné à huit ans de prison, fin 2008, pour le meurtre d'un jeune homme à l'arme blanche après une dispute autour d'un téléphone portable.

Un "caïd"

Sorti de prison en septembre 2013, il serait depuis, selon Didier Paillard, le maire communiste de Saint-Denis, un de ces "caïds" par "des marchands de sommeil pour loger au +black+ des personnes de passage" dans les immeubles insalubres qui pullulent dans le centre-ville, a confié l'élu à l'AFP.

Côté religion, Jawad ne serait pas du tout radical. "Il danse, il a rien à voir avec ça. C'est un mec sexe, drogue, alcool. Il sait même pas où c'est, la mosquée", raconte par exemple Sami, 29 ans, à l'AFP. Mais si Jawad Bendaoud n'avait pas de motivation djihadiste, pouvait-il réellement ignorer les actes commis par ses locataires d'un soir ? C'est bien la question à laquelle devra répondre la justice s'il est mis en examen aujourd’hui.

Jawad Bendaoud, star des réseaux sociaux