"J'avais le syndrome de l'imposteur": de "Validé" aux Vieilles Charrues, l'ascension de la rappeuse Laeti

La rappeuse Laeti lors de la 30ème édition du festival
La rappeuse Laeti lors de la 30ème édition du festival

Dans le rap, musique la plus écoutée et vendue en France, Laeti aime les "kicks, snare (son de batterie de la caisse claire NDLR), le débit, le rythme" ainsi que "l'authenticité".

À 28 ans, celle qui fut révélée en 2019 dans la saison 2 de Validé, première série française sur l'univers trouble du rap diffusée sur Canal +, enchaîne désormais les scènes des plus grands festivals avec son premier album Un jour avec, un jour sans.

"J'ai pris des coups mais j'suis debout et à chaque fois j'me suis relevée", lance en sautant sur scène Laetitia Kerfa, de son vrai nom.

"Elle a mis le feu et c'est une femme. Il n'y en a pas souvent dans le rap ou alors elles sont en carton. On attendait ça, elle déchire", applaudit Julie, 30 ans, interrogée par l'AFP.

Repérée au théâtre par Frank Gastambide

Née à Paris d'une mère algérienne et d'un père guadeloupéen, Laeti ne s'étend pas trop sur son enfance "compliquée", "comme pour beaucoup de jeunes", explique-t-elle à l'AFP.

Discrète, elle confie avoir été placée en foyer, avoir été sans domicile, "dormant souvent chez des copines", avant de rencontrer le succès fulgurant qui lui a valu de voir sa photo affichée partout dans l'espace public.

"J'avais le syndrome de l'imposteur, mais mes proches étaient là pour me dire que c'était mérité", avoue-t-elle.

C'est en voyant un ami rapper à la bibliothèque du Lycée autogéré de Paris, où elle est scolarisée, qu'elle se lance dans l'aventure rap. Elle enchaîne alors open mics et concours de free-style avec le collectif Keskiya.

En 2019, son chemin croise celui de la metteuse en scène Marion Siéfert, avec qui elle co-écrit la pièce Du sale.

En interprétant cette pièce semi-autobiographique au théâtre de la commune d'Aubervilliers, elle est repérée par Franck Gastambide, "qui flashe sur elle" et en fait l'héroïne de la saison 2 de Validé.

"C'est une personne entière, elle prend la vie à 2.000% et elle a un très fort caractère. C'est ce qu'il faut dans le milieu urbain un peu misogyne, très très masculin", souligne Factor, son producteur.

Longtemps bercée par les classiques du rap français, elle est aussi fan de Manu Chao. "Enfant, j'ai écouté beaucoup de zouk, de raï, du reggae, du rock, du classique et mon rap est le reflet de tout cela, très éclectique, acoustique, parfois très reggae, punk ou drill", raconte-t-elle à l'AFP.

"J'ai souffert d'être une femme partout"

Pour leur 30ème édition, les Vieilles Charrues ont tenu à programmer un quatuor de rappeuses avec Bianca Costa, Le Juiice, Chilla et Laeti.

"Le rap c'est la nouvelle chanson française, mais il y a encore beaucoup d'hommes en tête d'affiche et les femmes ont du mal à se faire une place. On a envie de pousser la jeune génération de filles à monter sur scène", explique Jeanne Rucet, programmatrice.

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"Laeti c'est une boule d'énergie, elle vient du free-style, elle est très forte en impro. Il y a des textes très incisifs et des raps plus intimistes où elle parle beaucoup d'elle", ajoute-t-elle.

Interrogée sur la place des femmes dans le rap, Laeti estime que "quand on naît femme, on se bat un peu plus que les hommes". "Je n'ai pas l'impression que ce soit spécifique au rap, j'ai souffert d'être une femme partout", assure-t-elle.

"Soyez ridicule et vous serez super", lance pour finir celle qui se voit bien, plus tard, "au Super Bowl avec Lady Gaga".

Article original publié sur BFMTV.com

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