"J'attendais un minimum de respect": Kurzawa décrit sa "cave" dorée au PSG

En 2024, le PSG et ses supporters ont célébré la longévité de leur capitaine, Marquinhos. Arrivé à Paris à 19 ans en juillet 2013, le défenseur brésilien a tout connu en l’espace de dix ans, des victoires, nombreuses, et des désillusions. Mais il restera sans doute encore pour longtemps le recordman du nombre d’apparitions sous les couleurs du club de la capitale (443 matchs, série en cours), et laissera derrière lui l'image d’un guerrier aguerri tourné vers le collectif, qui a toujours répondu présent dans l’état d’esprit.

Layvin Kurzawa (155 matchs) aurait pu marquer le club à sa manière si son aventure parisienne n’avait pas emprunté une toute autre trajectoire, beaucoup plus sinueuse, laquelle s’est achevée sous les sifflets du Parc, après neuf années. Layvin Kurzawa n’est pas parti dans l’anonymat, peut-être aurait-il préféré d’ailleurs. Mais par la petite porte, c’est une certitude. Recruté en 2015 en provenance de l’AS Monaco, Kurzawa ne s’est jamais imposé à gauche de la défense et a perdu peu à peu sa place jusqu’à disparaître de la rotation ces deux dernières saisons (tout en conservant un salaire mirobolant estimé à 500.000 euros par mois). Sans faire de bruit.

"Tant mieux pour moi j'ai envie de dire, estime l’intéressé, auprès de la chaîne Youtube Le Média Carré. J’ai essayé de me faire discret. Selon moi, si on doit me voir, c’est sur le terrain, mais ça n’a pas été le cas. Je me suis fait discret. J’ai travaillé de mon côté, ça n’a pas été facile. J'ai été mis à la cave, une vraie cave, comme je ne l’avais pas encore connu au cours de ma carrière." A la fois "triste" de tourner la page principale de sa carrière, mais "plus en paix que triste", compte tenu de ce que son quotidien de footballeur professionnel était devenu, Layvin Kurzawa confie avoir vécu ces six derniers mois la période la plus difficile de sa carrière.

"J'ai vraiment la dalle"

"J'attendais un minimum de respect de l’homme que je suis, ils ne l’ont pas eu", regrette l’international français (13 sélections, 1 but), sans la moindre amertume cependant, jure-t-il. Kurzawa aura disputé seulement huit minutes de jeu en compétition officielle pour sa dernière saison avec le club de la capitale. Un lent et long calvaire auquel il ne s’attendait pas forcément au sortir d’une préparation estivale encourageante l’été dernier.

"J’ai une très bonne relation avec le coach. Je me sens très très bien, le coach me fait confiance, se remémore Kurzawa. Il parle très bien de moi. Nuno Mendes est blessé. Il n’y a pas de vrai latéral gauche. Pour moi, c’est une opportunité, j'essaie d’être bien. Je suis bon, je le sais, on me le fait comprendre aux entraînements aussi. J’ai des retours du coach du staff qui me font comprendre qu’il faut que je continue."

La déception n’en est que plus grande quand on lui fait comprendre qu’il ne figure pas dans les plans du coach pour la saison 2023-2024. Plus les semaines passent et plus sa situation devient précaire. Il arrive même que Luis Enrique choisisse de l’écarter du groupe en pleine séance, révèle Kurzawa. "Je ne faisais pas tous les entraînements, personne ne l’a su. J’ai dû travailler de mon côté, sinon j’aurais été complètement à la rue." Une punition ? Non, un choix du coach. Brutal. "Je m’en suis rendu compte en voyant les autres me poser des questions, pensant que je m’étais embrouillé avec le coach", glisse Layvin Kurzawa.

Pour ne pas sombrer moralement, Kurzawa s’est arrimé au contingent de jeunes qui débarquait au sein de l’effectif professionnel, endossant le rôle de grand frère. "Je ne garde que le positif, de belles choses m’attendent", veut croire Kurzawa, déterminé à trouver un point de chute cet été. Car le foot l’anime encore. "J’ai envie de jouer au ballon, personne ne pourra me l’enlever, j’ai vraiment envie de reprendre du plaisir. J’ai vraiment la dalle."

Article original publié sur RMC Sport