Japon: la reconversion de maternités en hôpitaux de crise inquiète les femmes enceintes

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Au Japon, qui est frappé par une troisième vague particulièrement meurtrière de l'épidémie, le système hospitalier est complètement saturé. Dans les régions placées sous état d'urgence on manque tellement de lits de soins intensifs qu'il faut reconvertir en catastrophe des cliniques entières en hôpitaux de crise dédiés à 100% aux malades du Covid. À Tokyo, par exemple, c'est le cas de plusieurs maternités. Ce sont les femmes enceintes qui font les frais de cette restructuration hospitalière due au virus.

Avec notre correspondant à Tokyo, Bruno Duval

Fin février, ces deux jeunes femmes enceintes de huit mois devaient accoucher à la maternité de Hirô, un des trois hôpitaux publics que la ville de Tokyo réserve désormais aux malades du Covid. Le rendez-vous qu'elles avaient pris en vue de leur accouchement a été annulé du jour au lendemain. Donc, comme 2 à 300 autres futures mamans, elles doivent trouver une solution de rechange.

« Je passe mes journées pendue au téléphone, mais dénicher une maternité qui peut vous accepter dans un délai aussi court ça ne se fait pas en un claquement de doigts, assure l’une des jeunes femmes. Qu'est-ce qui va se passer si je n'y parviens pas ? Le temps presse, mon accouchement est prévu dans trois semaines. Donc plus les jours passent, plus je suis rongée par l'inquiétude. »

« Je trouve que ce n'est pas correct de ne nous avoir prévenues à la dernière minute. Cela aurait été mieux si on avait eu le temps se retourner, estime l’autre future maman. J'ai eu du mal à trouver un autre hôpital. En plus, il est situé à l'autre bout du pays et je serai prise en charge par des médecins et des sages-femmes qui ne me connaissent pas puisqu'ils ne m'ont pas suivie tout au long de ma grossesse. Au moment d'accoucher, je me sentirai vraiment seule. »

La ville de Tokyo a annoncé qu'elle prendrait à sa charge les frais que sa restructuration hospitalière occasionne à ces femmes enceintes. Pour autant, sur les réseaux sociaux notamment, la colère ne s'apaise pas. Et d'autant moins que la capitale japonaise est dirigée par une femme: la gouverneure Yuriko Koike.

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