Japon: vers une révision du procès du plus ancien condamné à mort au monde ?

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Le procès du plus ancien condamné à mort au monde pourrait être revu. La Cour suprême du Japon a cassé mercredi 23 décembre une décision qui empêchait la révision du procès d’Iwao Hakamada. Après 48 ans dans le couloir de la mort à la suite de sa condamnation en 1968 pour le meurtre d'une famille, cet ancien boxeur avait été relâché après des doutes sur sa culpabilité. Mais l’annulation en 2018 par la Haute cour de Tokyo de cette décision est désormais cassée.

Avec notre correspondant à Tokyo, Frédéric Charles

Iwao Hakamada avait avoué, avant de se rétracter expliquant avoir été maltraité par la police durant sa longue garde à vue : il avait été interrogé dix heures par jour durant plus de trois semaines.

Des vêtements tâchés de sang constituaient les preuves de l'assassinat de son patron et des trois membres de sa famille. Or ces vêtements étaient trop petits pour l'ancien boxeur. Il aura fallu attendre cinquante ans et une analyse ADN pour confirmer que le sang présent sur les vêtements n'était pas celui du condamné à mort.

En 2015, la Haute cour de Tokyo avait d'abord approuvé la décision prise par un tribunal de Shizuoka de libérer Iwao Hakamada. Elle reconnaissait la possibilité que « des preuves importantes aient été fabriquées ». Dans le système judiciaire japonais, la culpabilité repose sur l'aveu parfois arraché pendant les trois semaines de garde à vue.

En 2018, sous la pression du parquet, la Haute cour de Tokyo remettait en cause la fiabilité des tests ADN. Depuis, Iwao Hakamata attendait en liberté que la Cour suprême tranche.

Son avocat a bon espoir d'obtenir un nouveau procès, mais ce n'est pas garanti : son client a 84 ans et il souffre de troubles mentaux. Car il aura passé 48 ans à attendre chaque jour la pendaison, dans une minuscule cellule, sans contact ou presque avec l'extérieur.