Japon: l’eau de Fukushima sera déversée dans l’océan via un tunnel sous-marin

·2 min de lecture

L’opérateur de la centrale accidentée de Fukushima, Tepco, a annoncé mercredi 25 août vouloir déverser dans l’océan plus d’un million de tonnes d’eau contaminée, issue des opérations de refroidissement des réacteurs endommagés par le séisme et le tsunami géant au Japon en 2011. Alors que Tokyo avait déjà décidé en avril de déverser graduellement ces eaux dans la mer à partir de 2023, cette nouvelle annonce met en colère les pêcheurs de Fukushima et les pays voisins.

Avec notre correspondant à Tokyo, Frédéric Charles

Les eaux de la centrale de Fukushima seront déversées dans l'océan Pacifique au moyen d'un conduit sous-marin large de de 2,5m, une sorte de tunnel d’environ un kilomètre de longueur : assez pour éviter que l'eau contaminée ne revienne vers la côte.

Les pêcheurs de Fukushima s'opposent à ce rejet. Ils subissent déjà les atteintes à la réputation de leurs poissons, vendus 30 % moins cher que ceux d'autres régions sur les marchés de Tokyo.

De plus, la Chine et la Russie critiquent la décision japonaise et la Corée du Sud envisage, elle, de déposer une plainte auprès du Tribunal international du droit de la mer.

Les capacités de stockage des eaux de Fukushima, dans un millier de réservoirs, doivent atteindre leurs limites vers l'été 2022. Sous la supervision de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), le rejet de l'eau plusieurs fois filtrée de la centrale doit commencer en 2023 et durer une trentaine d'années, au moins.

Les systèmes de traitement de l'eau permettent d'éliminer tous les radionucléides, à l'exception du tritium qui ne peut être éliminé avec les techniques actuelles. Mais selon le scientifique américain Ken Buesseler de l'Institut Woods Hole Oceanographic, les eaux de Fukushima contiennent aussi du carbone-14, d'autres isotopes radioactifs qui s'incorporent dans les sédiments des fonds marins.

À travers le monde, les industries nucléaires rejettent aussi de l'eau chargée de tritium dans la mer.

À lire aussi : Fukushima : 10 ans après, une catastrophe toujours en cours

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles