Japon : le célèbre tampon nippon va disparaître

Le gouvernement japonais part en guerre contre le hanko, un pilier de la culture nippone. Il s'agit d'un petit tampon qui sert de signature sur toutes sortes de documents, du bon de livraison au certificat de mariage. Le hanko a été importé de Chine il y a près de 2 000 ans. Aujourd'hui, chaque adulte possède son sceau dans le pays. Les noms des clients sont peints à l'encre de Chine sur un carré de bois, puis le sceau traditionnel est délicatement découpé au burin. Le tampon est vendu plusieurs centaines d'euros. Productivité ralentie "Dans la culture japonaise, nous avons pour coutume d'apposer notre hanko en plus de l'écriture de notre nom comme preuve de notre identité. On peut aussi se faire fabriquer un tampon certifié, un objet unique au monde que seul son propriétaire possède", explique Sayuri Wataya, employée dans l'édition. C'est le Covid-19 qui donne le glas du tampon. En période de télétravail, des piles de documents circulent entre les domiciles de tous les cadres qui doivent les tamponner, ce qui ralentit la productivité. D'autant que la coutume veut qu'un document soit signé par plusieurs responsables. L'université de Tahoku a déjà enterré l'usage du hanko ; selon ses calculs, elle devrait économiser 80 000 heures de travail par an.