"James Bond" et des blockbusters au top du box-office cachent un cinéma à la peine

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L'avant-première de
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CINÉMA - À l’issue du premier week-end après sa sortie, le dernier long-métrage de Daniel Craig dans le costume de James Bond enregistre près d′1,2 million d’entrées au cinéma. Mourir peut attendre signe ainsi le meilleur démarrage en France depuis décembre 2019, note le compte Twitter spécialisé Boxofficefr. Mais cela ne signifie pas pour autant que tout est rose dans les salles obscures.

“James Bond est une franchise solide depuis 25 ans et on attendait ce nouveau volet à ce niveau-là. C’est bien, mais ce n’est pas non plus des chiffres stratosphériques”, commente pour Le HuffPost David Baudry, directeur de la programmation du groupe CGR qui exploite 70 cinémas en France. Depuis cet été et la sortie de Kaamelott le jour de la mise en place du pass sanitaire à l’entrée des lieux de culture, plusieurs blockbusters américains ou français enregistrent de bons scores.

Le film d’Alexandre Astier a dépassé les 2,5 millions d’entrées, Bac Nord de Cédric Jimenez atteint désormais 2 millions au box-office après huit semaines en salles, tandis que le thriller Boîte noire avec Pierre Niney approche du million. Sans oublier les réussis Shang-Chi et la légende des dix anneaux de Marvel avec 1,2 million de spectateurs et Dune de Denis Villeneuve avec plus de 2,2 millions.

“Tous ces films qui réalisent de très bons résultats le font sur la longueur, alors qu’en temps normal un long-métrage qui en est à sa huitième semaine en salles n’est plus dans le top 5 du box-office” parce qu’il a été remplacé par des nouveautés, précise David Baudry. “Sur une semaine où l’offre de films n’est pas assez diversifiée par rapport à de gros éléments [comme ceux cités plus haut, NDLR] le marché plafonne, s’enlise et décroît.”

Marc Olivier Sebbag, délégué général de la Fédération nationale des cinémas français (FNCF), faisait le même constat d’une concentration accrue et d’un marché en dents de scie à nos confrères du Monde: “On alterne de bonnes semaines, comme celle de la sortie de Dune, et de mauvaises, avec moins 20% de fréquentation. Bref, on n’y voit pas clair.”

Sur cette semaine d’octobre écoulée, le directeur de la programmation de CGR confirme un recul de 30% par rapport à la même période en 2019, avant la crise du Covid-19, quand les salles avaient à l’affiche Joachim Phoenix en Joker, Au nom de la terre d’Édouard Bergeon et Donne-moi des ailes de Nicolas Vanier.

Le “traumatisme” du reconfinement

“Si les choses reprennent peu ou prou des couleurs, le marché n’est pas encore arrivé à la normale”, assure-t-il. L’embouteillage tant craint des films à la réouverture n’a pas franchement eu lieu et l’afflux de “films forts” n’est pas “supporté par des seconds”, comprenez des films d’auteurs à bon potentiel qui pourraient satisfaire un autre public de cinéphiles.

Notamment, car de nombreux distributeurs continuent de repousser des dates de sorties par crainte de ne pas remplir les salles. Comme beaucoup d’autres professionnels du cinéma, David Baudry se souvient du “traumatisme” de l’automne dernier, lors que le reconfinement avait coupé court à un rebond du 7e art. Sans oublier l’annulation soudaine de la réouverture à laquelle tous croyaient pour la fin d’année 2020.

“Les inquiétudes et les craintes sont toujours là. On se dit encore qu’à tout moment, le gouvernement pourrait donner un nouveau coup de barre. Alors tout le monde avance à pas de loup”, concède notre interlocuteur. L’entrée en vigueur du pass sanitaire pour les 12-17 ans, depuis le 30 septembre, est une nouvelle ombre qui plane sur le box-office des prochaines sorties jeunesse.

“On n’est pas arrivé à un rétablissement complet, mais on sort de la zone dramatique”, résumait le délégué général de la FNCF au Figaro. S’il est encore difficile pour tous les acteurs de cette économie de se projeter, l’horizon de la fin de l’année paraît encourageant.

Les sorties du mois de décembre semblent équilibrées, du grand show à l’américaine avec le retour de Matrix ou le West Side Story de Steven Spielberg, la comédie populaire Les Tuche 4, le Disney de Noël Encanto... “Le calendrier ressemble à tout ce qui fait une période de décembre traditionnelle. Si à ce moment-là, on est à 5 ou 6% de baisse de fréquentation, on pourra se dire qu’on est revenus dans les clous. Mais si on constate qu’on est encore à moins 35%, là on sera loin de la normale”.

À voir également sur Le HuffPost: La bande-annonce du “Dernier Duel”, film réalisé par Ridley Scott au cinéma le 13 octobre

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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