La Jamaïque en version auberge espagnole

Libération.fr

Du ska au dancehall, la Philharmonie de Paris propose un parcours décousu sur l’histoire musicale de l’île.

Parmi la foultitude de documents rares que l’on peut admirer dans la nouvelle exposition de la Philharmonie, il y a une gravure de 1802 intitulée A Grand Jamaica Ball ! or the Creolan Hop a la Muftee. Signée William Holland, elle montre une scène de bal gaie et dissipée à Spanish Town - certains dansent, d’autres discutent ou se laissent franchement aller.

Colons. Le propos est de mettre en garde les femmes contre les dangers d’une vie dissolue, mais l’œil contemporain remarque surtout que les seuls Noirs représentés sont des serviteurs ou des spectateurs relégués au bord de la piste de danse. Les colons et les indigènes étaient-ils à ce point séparés quand ils festoyaient ? Comme nous l’expliquent différents cartels dans les premières salles de l’expo, les historiens sont en tout cas catégoriques quant au rôle joué par la musique de quadrille britannique - avec les percussions burru et les rythmes mystiques du poco - dans l’agglutination unique de cultures qui a abouti à l’avènement des musiques populaires jamaïcaines au XXe siècle. Ce n’est pas la moindre des découvertes offertes au néophyte, mais il faut en quelque sorte relier soi-même l’information avec celles éparpillées dans les autres salles de l’exposition pour en tirer la substantifique moelle - et, simplement, apprendre quelque chose. Par exemple, comprendre comment cette petite île a pu devenir aussi centrale dans la modernité pop.

La faute en revient en premier aux deux «axes» (inconciliables) choisis par le commissaire, Sébastien Carayol. L’un étant chronologique et l’autre thématique, ils empêchent toute construction d’un récit ou d’une continuité. Alors on s’y balade, on s’y perd, on revient sur son chemin après être passé en trois pas du mento des origines au dub du futur. Le but était sans doute d’éviter le poncif du parcours plan-plan et rendre compte d’une profusion, mais la visite se révèle (...)

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