"Nous sommes trop jaloux les uns des autres" : 30 ans après la chute du mur, Gabriella s'inquiète de "la haine et la peur" en Allemagne

franceinfo, Franck Ballanger

Gabriella Zeyfyian habite au dernier étage d’un immeuble de l’Ouest de Berlin, à la limite du quartier de Kreuzberg. L’inconvénient, c’est qu’il n’y a pas d’ascenseur et qu’il faut monter pour la rencontrer. L’avantage, c’est qu’à ce dernier étage, la lumière entre généreusement. Cette fin de mois d’octobre n’est pas particulièrement ensoleillée à Berlin, mais l’appartement de Gabriella baigne donc dans une douce lumière, une ambiance qui convient très bien à cette retraitée de 64 ans.

Il ne faut pas bien longtemps pour comprendre qui est Gabriella : une grand-mère… ou plutôt une mamie, dans tout ce que le terme a de positif. Une dame aimable et bienveillante, heureuse de raconter son histoire. Elle est née et a grandi à Dortmund, énorme cité industrielle de la Ruhr. Pas exactement l’endroit le plus gai d’Allemagne. Alors qu’elle n’avait que 19 ans, ses parents ont pris une décision que l’on pourrait juger étrange : partir vivre dans ce qui était à l’époque l’enclave de Berlin Ouest. Un îlot de capitalisme au milieu de l’Allemagne socialiste.


Vue d’ici, une sorte de prison dorée. Un havre de paix, surtout, où tous les jeunes hommes, objecteurs de conscience ou tout simplement réticents à l’idée de faire leur service militaire, venaient habiter. Parce qu’à l’époque, seuls les jeunes habitants à Berlin Ouest étaient exemptés et puisque les deux frères de Gabriella ne voulaient pas passer sous les drapeaux, c’est donc toute la famille qui a migré vers (...)

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