Jair Bolsonaro critique violemment la légalisation de l'avortement en Argentine

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Alors que l'Argentine est devenue, mercredi 30 décembre, l'une des rares nations d'Amérique latine à autoriser l'IVG sans conditions, le président d'extrême droite brésilien, Jair Bolsonaro, a violemment dénoncé le vote des parlementaires argentins.

L'Argentine est devenue, mercredi 30 décembre, l'une des rares nations d'Amérique latine à autoriser l'avortement, après l'adoption par le Parlement d'une loi qui divise profondément l'opinion publique.

"C'est devenu une loi et cela passe désormais dans les mains de l'exécutif", s'est félicitée la présidente du Sénat et ancienne cheffe de l'État, Cristina Kirchner.

Jusqu'ici, l'avortement n'était permis en Argentine qu'en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère, en vertu d'une loi datant de 1921.

"Une société meilleure"

"Nous sommes aujourd'hui une société meilleure qui étend les droits des femmes et garantit la santé publique", a réagi sur Twitter le président argentin de centre gauche Alberto Fernandez, au pouvoir depuis fin 2018 et qui avait promis pendant sa campagne de soumettre à nouveau la légalisation de l'IVG aux parlementaires

Au Brésil, le président d'extrême droite Jair Bolsonaro a critiqué la légalisation de l'avortement, déclarant que les "vies des enfants argentins" pourront être "fauchées dans le ventre de leur mère" avec "le consentement de l'État".

"Tant que cela dépendra de moi ou de mon gouvernement, l'avortement ne sera jamais autorisé sur notre sol. Nous nous battrons toujours pour protéger la vie des innocents", a-t-il ajouté.

Au Brésil, l'avortement est puni de trois ans de prison et n'est permis qu'en cas de viol, de danger pour la mère ou de grave malformation du fœtus.

"Inspiration"

"Aujourd'hui, l'Argentine a reculé de plusieurs siècles de civilisation et de respect du droit suprême de la vie", a déploré mercredi l'Alliance chrétienne des églises évangéliques (Aciera) dans un communiqué.

De son côté, la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, la Chilienne Michelle Bachelet, a salué cette décision et a noté que "presque tous les décès liés à l'avortement surviennent dans des pays qui le criminalisent ou le restreignent sévèrement, obligeant les femmes à recourir à des procédures dangereuses", dans un tweet de ses services.

Cette loi servira d'"inspiration pour que d'autres pays de la région et du monde avancent dans la reconnaissance d'un accès à l'avortement légal et sûr", a salué de son côté Amnesty international.

Selon le gouvernement, entre 370 000 et 520 000 avortements clandestins sont pratiqués chaque année en Argentine, un pays de 44 millions d'habitants, où 38 000 femmes sont hospitalisées pour complications lors d'avortements clandestins.

Parallèlement, un autre projet de loi crée une allocation des "1 000 jours" destinée à soutenir les mères de famille pendant leur grossesse et les premières années de l'enfant, afin de réduire les avortements pour raisons économiques.

Avec ce texte, l'Argentine rejoint Cuba, l'Uruguay, le Guyana, la ville de Mexico et l'État mexicain de Oaxaca, les seuls à autoriser l'IVG sans conditions en Amérique latine.

Avec AFP