"J'ai vu des femmes mourir sous la torture" : une ex-prisonnière d'un camp de Ouïghours raconte

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Gulbahar Jalilova a passé de longs mois dans un camp de Ouïghours, dans la région du Xinjiang, où la Chine est accusée de persécuter cette minorité musulmane. Réfugiée en France, elle raconte son calvaire à Europe 1, notamment les sévices infligés aux femmes enfermées avec elles.

Arrivée en France au mois d'octobre, elle demande désormais l'asile. Gulbahar Jalilova, citoyenne kazakh de 56 ans d'origine ouïghoure, a passé plus d'un an dans l'un des camps mis en place par la Chine pour interner les membres de la minorité musulmane dans la région du Xinjiang. Au micro d'Europe 1, cette ancienne commerçante raconte son long calvaire, et sa volonté de continuer à témoigner.

Gulbahar Jalilova a été arrêtée le 22 mai 2017 à Urumqi, la capitale du Xinjiang. Les autorités chinoises, qui l'accusent de terrorisme, lui demandent de signer un aveu, ce qu'elle refuse. "Comme j’avais refusé de signer, ils m'ont dit qu’ils m’emmèneraient dans un endroit où je serais bien obligée de le faire. Ils m’ont emmenée dans une autre pièce où il n’y avait pas de caméra. J’étais attachée à une chaise, je ne pouvais pas bouger", se souvient-elle. "Ensuite, le gardien a enlevé son pantalon, a mis son sexe devant ma bouche et il m’a dit : 'maintenant, tu signes'".

Des femmes "déformées par les coups"

"C’était un jeune homme, raconte encore Gulbahar Jalilova. J’ai pleuré, et lui ai dit : 'Comment tu oses faire ça, tu n’as pas une mère ? Une sœur ?'. Il m’a frappée, m’a donné des coups sur la tête avec un bâton électrique en disant que je n'étais pas un être humain, que j'étais une bête".

Dans le camps, pendant les trois premiers mois, Gulbahar Jalilova reste dans une petite cellule avec des dizaines d’autres femmes (...)


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