"J'ai tout tenté" : le "héros au scooter" de l'attentat de Nice raconte la nuit du drame

L'homme a pris en chasse le terroriste sur la Promenade des Anglais avant de foncer dans le véhicule afin de le stopper.

Six ans sont passés, mais le souvenir est toujours vif. Ce lundi s'ouvre, à Paris, le procès de l'attentat de Nice au cours duquel 86 personnes ont perdu la vie et plus de 450 autres ont été blessées après l'équipée meurtrière du camion conduit par Mohamed Lahouaiej-Bouhlel dans la foule venue assister au feu d'artifice du 14 juillet 2016 sur la Promenade des Anglais.

"Je ne pardonne pas"

Cette attaque revendiquée par le groupe Daesh était la plus meurtrière commise sur le sol français après celles du 13 novembre 2015 contre le Stade de France, le Bataclan et les terrasses parisiennes. En l'absence de l'assaillant, tué par la police le soir de l'attentat, huit personnes de nationalité franco-tunisienne, tunisienne ou albanaise, dont une femme, vont comparaître jusqu'au 16 décembre.

Des audiences qui seront assidûment suivies par Franck Terrier, également connu sous le surnom de "héros au scooter", qui le soir des faits s'était lancé à la poursuite du terroriste, au péril de sa vie, sur son deux-roues. Sur l'antenne de BFMTV ce lundi, ce dernier attend que "la justice fasse son travail et qu’ils soient sanctionnés à la hauteur du massacre qu’il y a eu ce jour-là."

"Moi je ne pardonne pas ce genre de choses, j’espère qu’ils seront sévèrement sanctionnés", ajoute-t-il.

Culpabilité

Depuis les événements de juillet 2016, la vie de Franck Terrier a été transformée en profondeur. Celui qui estime que "le statut de héros, c'est trop pour moi", assure avoir "longtemps eu de la culpabilité", au point d'avoir tenté de mettre fin à ses jours.

"J’ai été l'une des victimes. J’ai fait ce que j’avais à faire dans cet attentat, j’ai essayé d’intervenir, j'ai tout tenté", se rappelle celui qui a été décoré de la Légion d'honneur pour son acte de bravoure.

"Ça commence tôt, je suis au début de la promenade et il me double par la droite sur le trottoir, je réagis assez vite, il y a ma femme derrière moi et je ne peux pas continuer à la poursuivre. Je dépose ma femme et j’essaie de le rattraper en évitant les personnes au sol. Pour moi, à partir du moment où j’ai compris qu’il voulait écraser le maximum de personnes, je voulais absolument arriver à la cabine du camion, j’ai essayé par tous les moyens", détaille-t-il encore.

En dernier recours, Franck Terrier a projeté son scooter contre le camion. Quelques minutes plus tard, ce dernier fait face au terroriste, dans les yeux duquel il affirme voir "de la détermination."

"Moi, ce que j’ai fait, il fallait le faire", conclut-il, la voix encore chargée par l'émotion.

La première journée du procès sera consacrée à l'interrogatoire d'identité des accusés et à l'actualisation des constitutions de partie civile. Elles étaient d'ores et déjà 865 avant le procès. Les premières paroles des accusés sont attendues mardi.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Attentats de Nice : ouverture du procès à la Cour d'Assises spéciale de Paris