"J'ai l'impression d'être parti à l'étranger": du cinéma au théâtre, le come-back inattendu de Smaïn

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 Smaïn Fairouze et Booder dans
Smaïn Fairouze et Booder dans

Smaïn est de retour. Mise à part quelques apparitions dans des émissions (Mask Singer) et des séries (Sam), la star comique des années 1980 et 1990 avait disparu des radars.

Il revient cette année avec deux comédies, Placés (sortie le 12 janvier dernier) et Le Médecin imaginaire (en salles ce mercredi 27 avril), tout en préparant le quarantième anniversaire de ses débuts sur scène avec un spectacle intimiste, ADN. "J'ai l'impression d'être parti à l'étranger", s'amuse l'humoriste de 64 ans, qui réfute cependant tout come-back. "J'ai toujours été là." Et de préciser:

"C'est une absence médiatique. Ça fait partie du jeu. Pour bien connaître ce métier, il y a un moment où on décroche. On décroche parce qu'on est papa, parce qu'il y a la nouvelle génération qui arrive, parce qu'on est bousculé. Et ça, il faut bien le prendre. Il ne faut pas tomber dans l'aigreur. Il faut savoir aussi se réinventer."

"Un rôle miraculeux"

Smaïn s'est réinventé en plongeant dans l'écriture. Il a écrit des pièces de théâtre. Il a signé plusieurs contes pour un orchestre philharmonique et a collaboré avec Michel Legrand sur son album Délit de fa dièse. Et le cinéma dans tout cela? "Le cinéma, c'est comme l'auberge espagnole!", s'exclame-t-il. "On rentre, on sort. On vous appelle, on ne vous appelle plus."

Smaïn a tenté de se réinventer une première fois, en 2006, en endossant le rôle principal du téléfilm dramatique Harkis, avec Leïla Bekhti. "C'était un rôle différent. J'étais persuadé de rencontrer des nouveaux rôles, et non. Ce que j'ai fait est passé inaperçu", regrette Smaïn. "Le film a été un vrai succès lors de sa diffusion, mais on n'est pas venu me chercher."

Pendant ces années loin des projecteurs, le plus important a été de "garder l'envie" et "son âme d'enfant", insiste-t-il. "Oui, il y a eu des douleurs, mais elles ne regardent que nous". Et là, ça repart. Dans Le Médecin imaginaire, le premier film réalisé par Ahmed Hamidi, le scénariste du Grand Bain, il incarne en duo avec Booder un inspecteur de police complètement loufoque. "C'était totalement inattendu", se réjouit l'humoriste. "Ce rôle est miraculeux. Le téléphone sonnait de moins en moins..."

"Dans une carrière, on change"

Pour la première fois, Smaïn apparaît grimé à l'écran, le visage masqué par une paire de lunettes particulièrement ingrate. Un vrai accessoire de comédie pour ce fan absolu de Jerry Lewis. "C'était la première fois que je mettais un gros ustensile comme ça et ça fonctionne! Ça me donne envie de continuer." Pour son prochain film, Smaïn a demandé à son metteur en scène s'il pouvait se laisser pousser la barbe.

"Dans une carrière, on change, on se métamorphose", martèle Smaïn. "Il faut se réinventer. C'est très dur. C'est très compliqué. Je ne suis plus le comédien sautillant des années 80. Je ne veux plus être ce comique. J'ai envie de devenir ce que je suis aujourd'hui. Parler plus intimement de mon parcours, de l'orphelin de Constantine que je suis."

Un parcours qu'il évoque sur scène dans son nouveau spectacle ADN ("Algérien De Naissance"). "J'ai été sauvé par les sœurs de Saint-Vincent de Paul, rapatrié en France par une femme juive et adopté par un couple musulman. Trois livres, une seule reliure. Je dois à ces trois religions", résume-t-il dans ce one-man show qu'il rode depuis 2020.

"J'ai envie de raconter comment je suis devenu ce que je suis grâce à un acte de résilience", indique l'humoriste. "C'est un hommage à cette France que j'aime. Je parle de mon immeuble, de tous ces gens magnifiques qui nous ont accueillis. Ma mère était marocaine, mon père d'origine kabyle. On dit que la France est raciste. Il y a des racistes, mais pas tous les Français." Pour l'heure, le résultat plaît. "Ça se passe bien. Le spectacle est drôle et émouvant. Je me libère de mes peurs."

Article original publié sur BFMTV.com

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