"J'ai eu peur qu'on me viole": l'angoisse des femmes ukrainiennes sous l'occupation russe

Après la libération des villes dans la région de Kiev, certaines femmes racontent l'angoisse et la peur d'être victime de violences sexuelles commises par les militaires russes, qu'elles ont ressenties durant plusieurs semaines.

Des femmes qui ont vécu dans la peur et dans l'angoisse durant des longues semaines. Alors que la guerre continue de faire rage en Ukraine, de plus en plus de cas de viols et de tortures sont rapportés par les organisations des droits de l'homme dans le pays. À Boutcha, les autorités ukrainiennes parlent même de crimes de guerre commis par les Russes contre la population.

Dans la région de Kiev, les villes désormais libérées de l'armée russe laissent place à la désolation des habitants. Certaines femmes racontent à BFMTV comment elles ont vécu ces semaines de peur, dans l'angoisse de subir des violences sexuelles.

"J'ai eu peur pour moi en tant que femme"

Dans le petit village de Motyzhyn, à quelques kilomètres de la capitale, Antonyna a passé 33 jours avec son mari et son fils, cachée sans jamais sortir de chez elle. "Ils emmenaient les gens pour les torturer, nous avions peur de ça. Nous avons prié Dieu pour mourir chez nous plutôt que chez eux", raconte-t-elle.

L'Ukrainienne ne peut contenir ses larmes lorsqu'elle évoque l'occupation de son village. "On n'enlevait jamais nos vêtements le soir, car s'ils nous auraient embarqués, ils ne nous auraient pas laissé le temps de nous habiller" dit-elle avec émotion.

"S'ils avaient pris mon mari et mon fils... J'ai eu peur pour moi en tant que femme, peur qu'on me viole."

Une maison occupée et saccagée

Dans le village voisin, à Makariv, Lena n'a pas eu le temps de fuir avant l'arrivée des troupes ennemies. La femme a passé plus d'un mois une cave avec ses quatre enfants pour se cacher de l'occupant russe. Elle raconte avoir eu "peur pour (elle) et pour ma fille de 10 ans. On ne sait pas ce qui aurait pu se passer, on aurait pu être tué ou violé".

Non loin de là, Maria montre la porte de sa maison. Elle est siglée d'un "V", symbole du passage des Russes, qui ont occupé les lieux pendant des semaines avant de tout quitter précipitamment. "Dans l'entrée, j'ai déjà tout nettoyé. On ne pouvait même pas rentrer", décrit-elle.

À l'intérieur se trouve encore de la nourriture, des restes de rations militaires, et les pièces sont complétement saccagées. Maria n'était pas présente au moment de l'occupation de sa maison, mais elle est encore sous le choc. "Ils étaient ici. J'ai toujours peur, je suis fatiguée", confie-t-elle.

Article original publié sur BFMTV.com

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