"J'ai écrit sous le coup de la colère": soupçonnée d'avoir menacé Mila, une jeune fille dit "regretter ses propos"

Hugo Septier avec Dominique Rizet et Alexandra Gonzalez
·3 min de lecture
Mila dans un live sur Instagram. - BFMTV
Mila dans un live sur Instagram. - BFMTV

L'enquête autour des menaces de mort proférées à l'encontre de Mila se poursuit. Mardi, cinq personnes ont été placées en garde à vue, soupçonnées de menaces de mort à l'encontre de l'adolescente iséroise après la publication en novembre par cette dernière d'une vidéo polémique sur l'islam.

Ce jeudi, les gardes à vue pour "cyberharcèlement" et "menaces de mort" des prévenus âgés de 18 à 29 ans doivent s'achever. BFMTV a pu consulter le procès-verbal d'audition de l'une de ces personnes, en garde à vue à Metz, qui devrait être déférée dans la journée au parquet de Paris, probablement en vue d'une convocation ultérieure pour être jugée.

"Je fais mes excuses à Mila"

Cette jeune fille, soupçonnée d'avoir envoyé un message privé à Mila, via les réseaux sociaux, dans lequel elle la menace de mort, est âgée de 18 ans. Investie dans une association d'aide scolaire et sans aucun antécédent judiciaire, elle est de confession musulmane et se décrit comme très croyante.

Durant son audition, la jeune fille a affirmé connaître Mila uniquement à travers ses prises de position sur les réseaux sociaux. Selon elle, Mila "a tenu des propos irrespectueux" envers l'islam. Elle dit s'être sentie blessée par "les mots que Mila a utilisés" pour critiquer sa religion et aimerait "faire comprendre" à l'adolescente "qu'il faut respecter les croyances des autres."

Si elle reconnaît les menaces de mort qu'elle lui a envoyées, la jeune fille dément avoir harcelé Mila, expliquant ne lui avoir écrit qu'une fois et en privé.

Mais devant les policiers qui l'ont entendue, elle a dit regretter et s'excuser, selon nos informations.

"Je ne m'en serais jamais prise physiquement à Mila. J'ai écrit ces menaces sous le coup de la colère. C'est un cri du cœur inapproprié que j'ai eu. Jamais je ne l'aurais touchée. Je ne suis pas fière de moi. Je regrette mes propos et je fais mes excuses à Mila", s'est notamment défendue la jeune fille.

Jusqu'à 3 ans de prison et 45.000 euros d'amende

L'enquête avait été ouverte initialement mi-novembre par le parquet de Vienne après les réactions suscitées par la nouvelle publication sur le réseau social TikTok de la jeune fille, qui fêtera bientôt ses 18 ans.

Mais ce parquet s'était dessaisi début décembre au profit du tout nouveau pôle national de lutte contre la haine en ligne, destiné à centraliser les investigations à mener dans différentes régions de France.

Ce sont les services de police et de gendarmerie locaux qui ont procédé aux interpellations, sous la coordination opérationnelle de la division de lutte contre les crimes de haine de l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité, les génocides, les crimes de guerre et les crimes de haine (OCLCH).

Les auteurs de menaces de mort encourent jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende.

Article original publié sur BFMTV.com