Jacques Attali : « La chute du mur de Berlin est une anecdote sans importance »

Propos recueillis par Florent Barraco et Olivier Pérou

François Mitterrand accompagné de son conseiller spécial Jacques Attali.

VIDÉO. Il fut un témoin direct de la réunification allemande. L'ancien conseiller de Mitterrand est l'invité du grand entretien politique du « Point ».


Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989, le « mur de la honte » s'effondre. L'édifice – symbole d'un monde bipolaire – qui divise la ville est ouvert par les jeunes Est-Berlinois. Une marée humaine accourt à Berlin-Ouest. À 1 000 kilomètres de là, à Paris, l'ambiance n'est pas à la fête et l'étonnement ne gagne pas les couloirs de l'Élysée. La chute du Mur ? François Mitterrand et ses conseillers s'en doutaient sans trop savoir quand il adviendrait. Entretien avec un témoin de l'époque, l'ancien conseiller présidentiel Jacques Attali, qui publie L'Année des dupes, Alger 1943 (Fayard).

Le Point : Que faisait le conseiller spécial de François Mitterrand le 9 novembre 1989 ?

Jacques Attali : Ce n'est pas un jour très important pour moi. Il se trouve que j'étais en Espagne pour une négociation et, pour moi, tout était déjà réglé depuis longtemps et cela ne m'a pas du tout surpris. La chute du Mur est une anecdote sans importance. Le Mur était tombé depuis longtemps. En juin 1988, Vadim Zagladine, qui était le conseiller diplomatique de Gorbatchev et un ami très proche, me dit : « Il faut que tu comprennes qu'on ne tirera plus sur la foule. ». « C'est fini, nous sommes une démocratie et on verra combien il faut de temps pour que les gens comprennent », a-t-il ajouté ensuite. Au mois d'août de la même année, devant l'afflux d'Allemands de l'Est en Hongrie qui tentent de se rendre en Autriche, le Premier ministre hongrois Miklós Németh en appelle au Kremlin qui lui ordonne d'ouvrir les frontières. C'était fini ! Il n'y avait plus de Mur. Tout ce mythe selon lequel les Allemands ont poussé pour qu'il n'y ait plus de mur ne tient pas. La télévision est-allemande a annoncé que les frontières s'ouvraient au matin de la (...) Lire la suite sur LePoint.fr

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