Jacqueline Sorel, disparition d'une militante de la mémoire

Jacqueline Sorel vient de disparaître, le 29 mai 2024. Avec discrétion, et c’est tout elle. Sauf à la connaître, on ne se doutera pas à quel point la carrière de Jacqueline Sorel, née le 5 août 1927, a été dédiée à l’Afrique. Et aussi à la naissance de ce qui allait devenir, en 1975, Radio France Internationale.

Jeune étudiante en lettres modernes et en droit, elle est recrutée dans les années 1950 comme secrétaire littéraire par Pierre Schaeffer : l’écrivain, père de la musique concrète et de la musique électroacoustique, était aussi un homme de radio. C’est lui qui crée en 1955 la Sorafom (Société de radiodiffusion de la France d’outre-mer), chargée d’assister les pays africains en voie d’indépendance pour le lancement de leur propre radio. Jacqueline est embarquée dans cette aventure qui a eu une déclinaison importante : la Sorafom, société de production de programmes radios, continue après 1960 à enregistrer des émissions destinées aux radios africaines et change de nom : c’est désormais l’OCORA (Office de coopération radiophonique).

En 1995, Jacqueline Sorel prend sa retraite de RFI. C’est pour elle l’opportunité de se lancer dans des travaux d’écriture qui la passionnent. Dès 1995, c’est la publication de sa grande biographie sur Léopold Sédar Senghor[2]. Puis, elle s’intéresse aux femmes trop négligées de l’histoire africaine : Femmes de l’ombre et grandes Royales dans la mémoire du continent africain (publiée avec Simone Pierron Gomis, éd. Présence africaine, 2004). En 2015, elle écrit sur Boufflers, un gentilhomme sous les tropiques, ce chevalier nommé au XVIIIe siècle gouverneur à Saint-Louis du Sénégal et dont la mémoire est toujours vivace dans le pays (éd. L’Harmattan).


Lire la suite sur RFI