Jack Lang: "L’anonymat, c’est terrible, la négation de la démocratie"

·2 min de lecture

Alors que la France s’apprête à célébrer l’élection du 10 mai 1981, lui a toujours refusé d’être remisé au rang des souvenirs. Son nom reste associé au ministère de la Culture, sur lequel il a régné pendant dix ans. Extraits de notre reportage.

Jack Lang a traversé la pandémie sur un nuage. Un léger Covid asymptomatique, rien senti, ses habituelles virées à Marrakech ont préservé sa belle humeur et sa bonne mine. Le visage est tout doré, cheveux mousseux, chemise outremer et sourire étincelant, ravi de voir la Seine s’épanouir sous les fenêtres de son bureau, au 8e étage de l’Institut du monde arabe. « Monsieur le président… le masque », rappellent gentiment ses conseillers et il hausse les épaules, décroise ses baskets Camper, demande un thé vert, un soupçon de sucre. Jack savoure, le printemps s’annonce languien. Les commémorations du 10 mai 1981 vont honorer le plus fidèle et le plus populaire des mitterrandiens. Il sera le maître d’un colloque organisé à la Bastille avec Mazarine Pingeot, et la star de nombreuses festivités, d’émissions, d’ouvrages saluant son héritage.

(…)

Jack Lang a ouvert ses archives, impulsé des ouvrages comme tant d’autres ces dernières années, dont une autobiographie achevée avec une plume de « Libération », qu’il refuse de publier: «On est trop loin du compte. » Et les Mémoires auxquels il s’attelle, de sa fine écriture bleue, ne le satisfont pas davantage: « Je suis beaucoup trop perfectionniste. » Jack Lang voudrait cimenter sa légende. Mais il sent bien qu’il ne peut tout verrouiller.

(…)

Il n’ignore rien de la «boue» qui circule à son sujet, ses petites-filles chéries lui en parlent, Internet garde tout en mémoire, notamment ses propos tenus en 1991 au magazine «Gai Pied» – «La sexualité puérile est encore un continent interdit, aux découvreurs du XXIe siècle d’en aborder les rivages. » D’anciens collaborateurs se souviennent d’avoir vu leur « Jack» honteusement interpellé lors de Gay Prides sur le thème: «Alors, tu aimes(...)


Lire la suite sur Paris Match