J’ai travaillé comme dominatrice pendant 5 ans. Voici ce que ça m’a apporté

Stavroula Toska
Je pensais faire la dominatrice pendant une quinzaine de jours avant de passer à la réalisation d’un documentaire.

Il y a quelques années, à 34 ans, je me suis retrouvée à passer un entretien d'embauche pour un poste de dominatrice dans un donjon BDSM (bondage et discipline, domination et soumission, sadomasochisme) new-yorkais très connu. J'ai menti pendant cet entretien. Beaucoup.

Je n'allais certainement pas révéler que j'étais là pour réaliser un documentaire sur les femmes et hommes qui peuplent l'univers souterrain du BDSM. Pour information, nous n'étions pas en souterrain mais au deuxième étage d'un immeuble de bureaux dans le centre-ville de Manhattan, un emplacement très pratique pour les types qui viennent s'offrir une petite séance de domination tôt le matin, à la pause-déjeuner ou juste après le travail.

Mon plan de génie consistait à me rapprocher des femmes qui travaillent en tant que dominatrice et de leurs clients, et d'observer la gestion, au quotidien, d'un donjon BDSM de bonne réputation (une activité légale dans l'État de New York). Je pensais exercer ce métier pendant une quinzaine de jours avant de passer à la réalisation de mon documentaire, qui serait montré au public lors du prestigieux festival de cinéma de Sundance et ferait de moi une star.

Si quelqu'un m'avait dit que ces dix minutes d'entretien changeraient ma vie pour toujours, je lui aurais ri au nez.

Je me souviens que mon cœur battait la chamade quand j'ai sonné à la porte, attendant que la directrice, une quinquagénaire, me laisse entrer.

En entrant, je me suis arrêtée pour regarder autour de moi. Le "donjon" était un bureau semblable à tous ceux par lesquels j'avais pu passer. À ce stade de ma vie, j'avais occupé une quinzaine d'emplois, de vendeuse ou caissière dans une boulangerie à secrétaire dans une boîte de relations publiques, en passant par des boulots de serveuse pendant mes études d'actrice. Je m'étais préparée à débarquer dans une pièce remplie de chaînes, de fouets et de toutes sortes d'instruments de torture, mais j'étais dans une salle d'attente ordinaire, avec des œuvres d'art...

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