J Lou, influenceuse à Hong Kong, fait communauté autour du riz

Parcourir les vidéos de la chaîne de J Lou offre à l’oreille un constant mélange de langues : on peut l’entendre échanger en anglais avec son compagnon, en cantonais avec sa mère ou encore en français avec son père. Mais le plus marquant est de la voir parfois passer d’un idiome à l’autre au sein d’une même phrase. Certaines vidéos affichent des sous-titres multilingues. “Cette Eurasienne (moitié française, moitié chinoise) qui a grandi à Hong Kong a souvent eu du mal à définir sa propre identité et à trouver sa place, comme d’autres jeunes gens dits comme elle ‘de troisième culture’”, note le South China Morning Post.

Auprès du quotidien de la région administrative spéciale, l’influenceuse de 26 ans confie : “Quand les gens me demandent d’où je viens, j’adapte ma réponse en fonction de l’interlocuteur.” C’est, explique-t-elle, “un mécanisme de défense pour m’épargner d’éventuelles remarques à double tranchant sur mes origines ou ma culture”. Cela étant, elle a trouvé un bon ingrédient pour rassembler sa communauté, surnommée #RiceFam (un jeu de mots entre farm, “ferme”, et fam, un diminutif de “famille”) : son amour du riz.

Un emblème mignon et fédérateur

Car la céréale n’est pas seulement un aliment de base dans de nombreuses cultures asiatiques, aux yeux de la youtubeuse. “Il y a dans le riz tout un univers de convivialité. D’ailleurs pour dire ‘à table’ [en cantonais] on utilise l’expression sik faan, où l’on retrouve le mot ‘riz’. Là où il y a du riz, partout où un cuiseur à riz est en marche, c’est que la famille est réunie, que nous sommes ensemble.” Une célébration de la céréale qui “a conduit J Lou à inventer en 2019 un personnage tout rond, tout blanc, serrant tendrement un bol de riz : c’est le ‘Rice Monster’.”

De manière générale, lorsqu’elles ne sont pas consacrées à ces petits héros alimentaires, les vidéos de J Lou présentent sa vie quotidienne avec humour et légèreté. Si le journal anglophone ne livre pas de détails sur sa situation à Hong Kong, cible d’une intense répression orchestrée par Pékin, on notera que la jeune femme s’est fait connaître sur YouTube et Instagram – des réseaux occidentaux bien distincts de leurs homologues chinois.

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