J.K. Rowling, accusée de transphobie, sort un roman sur… la transphobie

Intitulé « The Ink Black Heart », l’ouvrage est paru ce mardi 30 août.

TRANSPHOBIE - Quand la fiction fait étrangement écho à la réalité. J.K. Rowling, autrice de la célèbre saga Harry Potter et accusée depuis plusieurs années de transphobie, a sorti ce mardi 30 août un nouveau roman, publié chez les éditions Grasset en France, dont le sujet a particulièrement fait réagir.

Intitulé The Ink Black Heart et écrit sous le pseudonyme de Robert Galbraith, celui-ci, sixième ouvrage de sa série de récits policiers Les Enquêtes de Cormoran Strike, raconte l’histoire d’Edie Ledwell. Créatrice de dessins animés sur YouTube, celle-ci est virulemment attaquée et harcelée pour des propos racistes et transphobes tenus par l’un de ses personnages. Traquée par une personne anonyme, la vidéaste est finalement retrouvée assassinée dans un cimetière.

Difficile de ne pas y voir une allusion directe à ce que vit l’écrivaine dans la vraie vie. Cette dernière est en effet régulièrement victime de cyberharcèlement, et même parfois la cible de menaces de mort, depuis sa prise de position très controversée contre les personnes transgenres.

Une héroïne accusée de transphobie ? Une simple coïncidence selon l’écrivaine

L’écrivaine avait, entre autres, apporté son soutien à une certaine Maya Forstater, licenciée après avoir remis en cause la transidentité en affirmant qu’on ne pouvait pas « changer de sexe biologique ». Elle avait aussi publié un essai très décrié, nommé JK Rowling Writes about Her Reasons for Speaking Out on Sex and Gender Issues, dans lequel elle expliquait pourquoi elle s’exprimait sur les questions de genre.

Prise à partie par le public, elle avait aussi été pointée du doigt par le casting principal d’Harry Potter. « Les femmes trans sont des femmes », avait réagi Daniel Radcliffe. « Les personnes trans sont qui elles disent être et méritent de vivre leur vie sans être constamment remises en question ou qu’on leur dise qu’elles ne sont pas qui elles disent être », avait de son côté regretté Emma Watson.

Et pourtant, à en croire J.K. Rowling, qui a récemment dévoilé la raison de son absence de l’épisode spécial Retour à Poudlard, l’histoire de ce nouveau roman n’est pas liée à son propre vécu. «J’avais écrit le livre avant que certaines choses ne m’arrivent en ligne, a-t-elle assuré au micro de Virgin Radio UK ce samedi 27 août. J’ai dit à mon mari : ’Je pense que tout le monde va voir cela comme une réponse à ce qui m’est arrivé’, mais ce n’était vraiment pas le cas. La première ébauche était terminée au moment où certaines choses se sont produites », a-t-elle poursuivi.

Des explications qui n’ont pas convaincu outre-Manche. Certains médias anglosaxons, dont The Sunday Times et The Telegraph, persuadés du contraire, ont aussi critiqué la longueur de l’ouvrage, composé de plus de 1000 pages.

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