«J’ai continué longtemps à frissonner de peur en croisant un militaire en treillis»

Libération.fr

Le cinéaste Midi Z évoque son enfance en Birmanie sous la junte militaire et sa vie à son arrivée à Taiwan.

A 35 ans, Midi Z a déjà plusieurs vies et films à inscrire sur un CV marqué par un opiniâtre esprit de débrouille et le sentiment permanent de sa précarité. Adieu Mandalay est déjà son quatrième long métrage, le premier correctement financé - après Return to Burma,Poor Folk et Ice Poison, qu’il avait montés avec des bouts de ficelle - lui attirant déjà des sélections dans des festivals (Pusan, Rotterdam…). Son cinéma (fiction mais aussi docu avec City of Jade) est hanté par la question des migrations entre Birmanie, Chine, Thaïlande et Taiwan, dans cette recherche d’une meilleure situation sociale et financière, qu’il a lui-même vécues, au fil d’une chaîne d’efforts familiaux pour lui permettre de s’extirper aussi bien de sa condition d’enfant pauvre que de citoyen d’une dictature.

Quels souvenirs gardez-vous de la ville de Lashio, où vous avez grandi dans les années 80-90 ?

Je suis né en 1982, j’avais donc 6 ans lors du soulèvement populaire de 1988 qui s’acheva dans le sang avec la prise du pouvoir de la junte militaire, le Conseil d’Etat pour la restauration de la loi et de l’ordre. Je me souviens d’une atmosphère de chaos et de l’interdiction de sortir après le couvre-feu de 18 heures au risque d’être arrêté et envoyé de force à l’armée. L’omniprésence des militaires était très angoissante, j’ai continué longtemps de frissonner de peur en croisant toute personne portant un treillis. Ma famille était très pauvre, nous habitions une maison qui menaçait à tout moment d’être emporté par un coup de vent. La seule chose qui nous occupait, c’est de gagner de l’argent au jour le jour afin de pouvoir manger. Nous n’avions de la viande qu’une fois par mois.

Quelles sont les distractions qui s’offrent à un jeune Birman comme vous dans ce contexte ?

Bien sûr nous n’avions pas la télé mais il y avait un poste dans divers endroits communs avec une centaine de chaises (...)

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