J’appréhende de partir en vacances en France cet été à cause du racisme ordinaire - BLOG

Elisabeth Hu
J’aimerais inviter chacun à réfléchir aux clichés et stéréotypes que nous avons sur les personnes qui sont différentes. Ces clichés sont pour la plupart véhiculés dans les médias, les divertissements que nous consommons et qui ancrent ces clichés en nous. (image d'illustration)

RACISME - Le Premier ministre a encouragé les Français à partir en vacances en France cet été, et à aller à la découverte des belles régions françaises. J’aimerais bien, il y a tellement d’endroits à explorer: découvrir les côtes bretonnes, profiter de beaux paysages en Ardèche, me balader en Provence… ces images me font rêver! Cependant, j’aimerais vous avouer quelque chose: j’appréhende de partir en France cet été à cause du racisme ordinaire.

Je suis française, née en France de parents chinois. Je me vois française, mais je suis peut-être la seule à me voir ainsi.

Vous avez envie de raconter votre histoire? Un événement de votre vie vous a fait voir les choses différemment? Vous voulez briser un tabou? Vous pouvez envoyer votre témoignage à temoignage@huffingtonpost.fr  et consulter tous lestémoignages que nous avons publiés.

“Vous parlez drôlement bien français, vous n’avez pas d’accent”

Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai entendu cette phrase de la bouche d’inconnus, de la banquière, au conseiller de vente en magasins, au serveur du bar, aux clients… Cette phrase part probablement d’un bon fond, c’est un compliment après tout, mais elle crée immédiatement une gêne et un malaise en moi.

Elle pointe à chaque fois le fait que je ne devrais pas parler français et que je devrais avoir un accent, comme les rares personnes asiatiques qu’on voit sur nos écrans. À chaque fois, je ne sais pas quoi répondre, à part “je suis née en France” pour me justifier de bien parler français et de ne pas avoir d’accent.

Je fais partie des enfants d’immigrés qui se sont bien intégrés dans la société française: après le lycée, j’ai poursuivi mes études en classe préparatoire, puis j’ai intégré une école de commerce à Lyon, et aujourd’hui je suis chef de projet. Même après avoir tout fait comme il faut, je ne cesse de continuer à entendre ces questions et remarques qui me renvoient à chaque fois à cette triste vérité: je ne suis pas une vraie Française.

En théorie, nous sommes tous...

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