J'ai quitté l'hôpital public qui confond le monde de l'entreprise et celui du soin""

Linem B.
French health workers on strike attend a protest, urging government to provide more means, more staff to overworked hospitals and emergency services, in Paris, France, September 11, 2019. REUTERS/Charles Platiau

Depuis quelques jours fleurissent sur les réseaux sociaux des témoignages poignants de soignants.

Ce sont des très beaux textes dont je me dis que j’aurais pu écrire la même chose.

J’aurais pu mais justement, la goutte d’eau, pour moi, a été franchie il y a quelques années et j’ai eu l’opportunité à ce moment-là, de me voir offrir une autre voie.

J’ai quitté l’hôpital. Ma place de titulaire, mon statut de fonctionnaire, mes copines, mon badge à la machine à la café.

Vous avez envie de raconter votre histoire? Un événement de votre vie vous a fait voir les choses différemment? Vous voulez briser un tabou? Vous pouvez envoyer votre témoignage à temoignage@huffingtonpost.fr  et consulter tous lestémoignages que nous avons publiés.

Une autre voie où je peux décider de ma vie, de mes règles. Décider la manière dont je veux exercer mon métier d’une façon qu’une patiente me dit, pas plus tard que ce matin, les larmes au bord des yeux: “Vous êtes vraiment une belle rencontre... une ressource inestimable”...

Si on peut me dire ça, c’est que je peux exprimer ce que je suis. Pleinement. De la façon dont j’ai envie.

Non, l'hôpital ne fera jamais d'économies, ne sera jamais rentable. C'est un fait.

Je n’étais pas quelqu’un de différent en tant que soignant de l’hôpital public, mais le rythme de travail, la bureaucratie, les décisions qui viennent d’en haut, arbitraires j’ai envie de dire.. ont eu raison de moi.

De moi en tant que soignant de l’hôpital public.

Définition d’arbitraire: qui dépend du bon plaisir, du caprice de chacun.

La gestion du système de santé n’est peut-être ni un caprice, ni un plaisir. Mais un aveuglement assurément. Celui de confondre le monde de l’entreprise et celui du soin, public.

Non, l’hôpital ne fera jamais d’économies, ne sera jamais rentable. C’est un fait. C’est un postulat de base qu’il faut accepter dans un pays de droit et de solidarité qui est le nôtre.

On ne peut pas “faire de l’argent” avec le soin. Avec l’humain.

On ne peut pas vouloir des soins...

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