A.J. Al-Thani, une cinéaste qatarienne fière et déterminée

© Collection particulière A.J. Al-Thani

À la différence de nombreux pays arabes, au Qatar, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à travailler. Dans le domaine de la culture, elles sont le fer de lance du cinéma au sein du petit émirat. Rencontre avec une jeune artiste dohanaise qui ne mâche pas ses mots.

De notre envoyée spéciale au Qatar,

Après deux rendez-vous manqués, A.J. Al-Thani court pour ne pas être en retard au dernier. Elle sort rapidement de sa voiture et remet correctement son abaya. « Désolée, je fais mille choses en ce moment pour mon dernier film », lance-t-elle essoufflée. Quelques gorgées de café noir plus tard, la jeune femme de 29 ans, célibataire, reprend ses esprits, met son téléphone sur vibreur pour éviter qu’il ne sonne en permanence.

Jawhara (« bijou » en arabe), son vrai prénom, est réalisatrice de films au Qatar et possède déjà sa propre société de production, Creative Nomads. « On produit des films, des programmes TV, des publicités, etc. », détaille-t-elle à toute allure alors que son prochain rendez-vous n’a lieu que trois heures plus tard.

Une jeune fille consciente de ses privilèges

C’est à ce moment-là que survient la « révélation ». « J’ai vu Star Wars (1977), c’était fou. Tout me fascinait dans ce film. J’ai demandé à mon père comment je pouvais faire pour me rendre dans cet univers, et il m’a répondu que je devais devenir réalisatrice de films, car en fait cet univers n’existait pas », se souvient-elle.

Une opinion étonnante et détonante vue depuis l'Occident, mais qui reflète surtout l'anachronisme du Qatar et de sa population dans le monde arabe.


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