"Si j’étais partie, mon cœur et mon esprit seraient restés" : aux Bahamas, une maire refuse de partir après le passage de l'ouragan Dorian

Thibault Lefèvre, franceinfo, Gilles Gallinaro

Près de deux semaines après le passage de Dorian, Treasure Cay est une ville fantôme, avec des voiturettes de golf sur le toit, des arbres arrachées du sol et de magnifiques villas éventrées, complètement laissées à l’abandon. Dans cette petite ville cossue, l’immense majorité des habitants sont partis pour New Providence et la capitale Nassau ou pour les Etats-Unis. Située au nord d'Abaco, île des Bahamas détruite à 90% selon le secrétaire général de l'ONU, Treasure Cay n'a toujours pas d’eau ni pas d’électricité.

Pour autant, la maire de la commune, Daphnee Hill, n’a pas l’intention de quitter l’île. "Les gens sont dans mon cœur, explique-t-elle. Je vais les voir tous les jours et je vérifie que les dernières personnes qui sont restées ont de l’eau", explique la maire qui occupe une des dernières maisons occupées. "Je pourrais partir si je le voulais, mais je ne pourrais pas abandonner ces gens. Si j’étais partie, mon cœur et mon esprit seraient restés à Abaco."


"On ne va pas en mourir"

Daphnee Hill a connu six ouragans avant Dorian. Elle habite depuis plus de 30 ans sur Abaco et ne craint pas de vivre longtemps dans des conditions très précaires. "Il n’y a pas de problèmes parce que nous avons grandi au milieu d’une famille originaire de l’île", indique Daphnee. "Mes grands-parents utilisaient des toilettes à l’extérieur, poursuit Daphnee. On répète les gestes que nous faisions quand nous étions petits. Ce n’est donc pas compliqué (...)

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