"J’étais en apnée": le pompier dont les conseils ont sauvé un nourrisson témoigne

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Sapeur-pompier (image d'illustration). - AFP
Sapeur-pompier (image d'illustration). - AFP

"Frottez-lui le dos", "mettez un peu le doigt dans sa bouche", "aspirez ce qu'il a dans les narines". Ses précieux conseils ont peut-être sauvé la vie du nouveau-né. Ils ont en tout cas permis à des parents démunis de traverser un accouchement difficile et ont aidé à déclencher les pleurs d'un nourrisson qui peinait à respirer.

Le caporal Michaël Rousseau, pompier volontaire en Charente-Maritime, est revenu auprès du Parisien sur cet appel reçu le 6 août à 3h du matin et qui a ému les internautes depuis sa mise en ligne par le SDIS la semaine dernière.

Lorsque le néo-père de famille compose le 18 ce 6 août au petit matin, il a de quoi être fébrile. S'il se trouve à cette heure sur le bord de la N11, à hauteur de la commune de Nuaillé d'Aunis, c'est qu'il conduisait en urgence sa compagne à la maternité. Il n'y est pas parvenu: et l'accouchement a surpris le couple dans son véhicule.

À dire vrai, le bébé est déjà sorti au moment d'échanger avec l'opérateur d'astreinte, et les choses se présentent mal: le nourrisson ne pleure pas. À l'autre bout du fil, Michaël Rousseau, pompier volontaire, commence à lui prodiguer ses conseils après avoir évalué la situation.

Pas de jargon

Si sa contenance est parfaite - comme l'enregistrement mis en ligne le donne à entendre -, il est toutefois bouleversé. Il le raconte ainsi au Parisien:

"J’ai dû arrêter de respirer à ce moment-là, me remémorer toutes mes formations. En temps normal, on surveille les contractions et on dépêche une équipe de pompiers ou les médecins".

C'est d'ailleurs ce qu'il fait en parallèle, assisté par les autres opérateurs: il envoie ses collègues sur les lieux et, à terme, passera le relai au Samu. Mais chaque chose en son temps et pour le moment, il presse. "Mais j’avais à peine réfléchi que le bébé était né!" s'exclame-t-il ainsi auprès du quotidien francilien. Il garde en tête un impératif afin de ne pas dérouter davantage le couple en détresse: s'exprimer "de façon claire et précise, sans jargon de pompier".

Michaël Rousseau n'a débarqué que de fraîche date au centre de traitement des appels de La Rochelle - n'y ayant entrepris sa formation qu'au mois de février - mais il s'en tire donc avec les honneurs. Au cours de l'entretien accordé au Parisien, il salue l'aide que lui ont apportée ses collègues mais enrobe aussi ses interlocuteurs de la nuit du 6 août dans son hommage. Il assure ainsi que le sang-froid des parents l'a "aidé à se concentrer".

"En apnée"

Salutaire vu l'incongruité du cas. "J’étais en apnée. Les femmes accouchent rarement 30 secondes après un appel", sourit-il auprès du journal. Comme nous le signalions jeudi dernier, les parents ont publiquement remercié leur sauveur d'un soir.

"Merci à l'opérateur pour son engagement, sa bienveillance, sa patience et sa réactivité. Notre 'péripétie' nous a fait prendre conscience à quel point les opérateurs sont tout aussi importants que les secours qui arrivent sur place. Les opérateurs eux aussi sauvent des vies. Mille mercis, grâce à vous, notre fils est en excellente santé".

Michaël Rousseau a précisé lundi qu'il avait aussi reçu une lettre. Quant aux commentaires laudatifs sur son action, ils pleuvent. Logique: depuis sa mise en ligne il y a une semaine sur Facebook, la captation de sa discussion avec les parents a été partagée 4500 fois.

Article original publié sur BFMTV.com

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