Hadrien Desuin: «L'embrasement annoncé de la région n'aura pas lieu»

Desuin, Hadrien
Donald Trump a déclaré Jérusalem comme capitale d'Israël, mercredi 6 décembre 2017. / stellalevi/Getty Images

FIGAROVOX/ANALYSE - Donald Trump a déclaré Jérusalem comme capitale d'Israël, provocant la colère des Palestiniens et la réaction de la communauté internationale. Pour Hadrien Desuin, les conséquences de cette décision seront moins spectaculaires que prévu.

Spécialiste des questions internationales et de défense, Hadrien Desuin est essayiste. Il vient de publier (éd. du Cerf, 2017).

A Ankara, à Amman et à Marrakech, on sonne le tocsin. Hassan Nasrallah appelle à la guerre sainte et le Hamas promet «d'ouvrir les portes de l'enfer» à Israël. Le département d'État américain conseille à ses diplomates de rester chez eux et de s'éloigner de la vieille ville de Jérusalem. Bref, Benjamin Netanyahu plastronne et il règne une atmosphère de mobilisation générale dans la rue arabe.

Mais cette scène d'effusion et d'excitation n'a-t-elle pas été jouée des dizaines et des dizaines de fois? Aujourd'hui les Palestiniens sont résignés et fatigués. Ils ne croient plus, ni à la paix ni à la guerre. Il y a bien longtemps que Jérusalem leur échappe où le consulat américain est déjà énorme. Quant à la déclaration de Donald Trump, elle nous rappelle que, dès 1995, Bill Clinton avait reconnu Jérusalem, capitale d'Israël. Plus de vingt ans déjà. C'était une promesse de campagne récurrente, ne feignons pas d'être surpris.

Surtout le monde musulman est bien trop occupé à s'étriper entre soi. Le Yémen, la Libye, la Syrie et l'Égypte sortent KO debout des printemps arabes. Le Hezbollah doit encore consolider ses positions en Syrie. Les milices chiites n'ont pas fini leur guerre en Irak où les Kurdes n'attendent qu'une chose: qu'ils baissent la garde. Quant aux Saoudiens, qui ont proposé à Mahmoud Abbas de renoncer à Jérusalem, ils ont deux vrais ennemis, l'Iran et le Qatar. Le Hamas à Gaza et l'OLP en Cisjordanie sont à genoux, fragilisés par plusieurs années de gestion chaotique de leurs territoires. Leur (...) Lire la suite sur Figaro.fr

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