Jérusalem-Est: des Palestiniens expulsés de leur logement par les forces israéliennes

Dans le quartier palestinien de Silwan, en contrebas de la Vieille ville, les forces israéliennes sont arrivées tôt le mardi 11 mai pour évacuer les habitants d’un immeuble. Les bulldozers l’ont ensuite rasé, laissant 35 personnes sans domicile. Si la mairie estime qu'une centaine d'appartements de Silwan ont été construits illégalement, les familles palestiniennes accusent la municipalité de ne pas leur accorder de permis de construire afin de faire place à des familles israéliennes.

Avec notre correspondante dans la région, Alice Froussard

Ils ont été chassés de chez eux très tôt ce mardi 11 mai et ont eu peu de temps pour déplacer des affaires. Les membres de la famille al Rajabi, propriétaires de l'immeuble de trois étages rasé ce matin étaient encore à Silwan dans l’après midi.

Certains, désemparés ont regardé leur maison être démolie par les bulldozers israéliens, comme Yara al Rajabi, une des filles, âgée d'une dizaine d’année.

« On ne va pas quitter Jérusalem parce qu’une force d’occupation nous force à quitter nos maisons !, se révolte la fillette. Ils essaient de nous faire partir de Jérusalem, ils essaient de nous faire partir de la Palestine, mais nous on ne va se mettre à genou devant eux… c’est ce qu’ils espèrent, mais ça n'arrivera jamais ! »

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Autour de la famille, des habitants sont venus en soutien. Car ici, à Silwan, plus de 7 820 ordres de démolition ont été déposés par les autorités israéliennes pour y construire des parcs touristiques, archéologiques, ou encore pour faire de la place à des familles de colons israéliens. « Ça fait partie de la punition collective pour faire partir les gens d’ici, explique Daoud el Ghoul, un habitant du quartier. Nous savons tous ici que les tribunaux israéliens ne sont qu’un mécanisme pour parvenir au nettoyage ethnique des Palestiniens de Jérusalem. Et nous n’avons pas confiance en leur système judiciaire, ils attendent uniquement le bon moment politique pour pouvoir acter les démolitions quand la solidarité internationale et l’attention médiatique sont faibles. »

Ce sont des centaines de familles de Palestiniens à Jérusalem, à Silwan, Sheikh Jarrah ou Issawiyah qui sont, comme les Rajabi, menacées d’expulsion. Dans le quartier de Silwan, la ville de Jérusalem estime qu'une centaine d'appartements ont été construits illégalement, sans permis, sur des terres publiques, alors que des familles palestiniennes accusent la municipalité de ne pas leur accorder de permis de construction afin de faire place à des familles israéliennes.

Une expulsion « politique »

La famille Rajabi a payé plus de 100 000 dollars ces dernières années en contraventions et frais pour tenter de régulariser sa situation mais sans succès, a déclaré Farès Rajabi, dénonçant une expulsion « politique ».

Selon l'ONU, près de 40 structures ont été détruites depuis le début de l'année à Jérusalem-Est, forçant ainsi le déplacement d'une centaine de personnes avant les membres de la famille Rajabi. Dans certains cas, les familles préfèrent démolir elles-mêmes leurs résidences pour ne pas avoir à payer à la ville des frais de démolition.

Le Croissant-Rouge palestinien a fait état de cinq blessés dans des affrontements entre la police israélienne et des habitants du quartier opposés à cette démolition.

En mai 2021, des manifestations de soutien à des familles menacées d'expulsion à Cheikh Jarrah avaient dégénéré en heurts avec des colons et la police israéliens, prémices d'une flambée de violences meurtrières en Israël et dans les Territoires palestiniens.

(avec AFP)

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