Ivre au bloc: 3 ans de prison pour une anesthésiste belge après un accouchement fatal

AL
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Cette nouvelle manière de réclamer justice rend le pot de terre aussi puissant que le pot de fer.  - Michael Coghlan - Flickr - CC
Cette nouvelle manière de réclamer justice rend le pot de terre aussi puissant que le pot de fer. - Michael Coghlan - Flickr - CC

Une anesthésiste belge de 51 ans a été condamnée ce jeudi à trois ans de prison ferme et à l'interdiction définitive d'exercer la médecine pour une série d'erreurs médicales. Il est notamment reproché à Helga Wauters d'avoir pratiqué, en 2014 à Orthez dans les Pyrénées-Atlantiques, un accouchement fatal sur Xynthia Hawke, une Britannique de 28 ans, alors qu'elle était sous l'emprise de l'alcool.

Installée en France, la jeune Xynthia, originaire du Somerset, est morte quatre jours après son accouchement des suites d'un défaut d'oxygène, sans avoir vu son bébé, indemne. D'après l'enquête, la médecin, en poste depuis une dizaine de jours, avait intubé les voies digestives au lieu des respiratoires, sans s'en apercevoir. Puis elle avait utilisé un ballon manuel, au lieu du respirateur du bloc, qu'elle ne savait pas faire fonctionner, selon des témoins. "Un carnage", selon la procureure à l'audience.

"Une personne incompétente"

Devant les enquêteurs, l'anesthésiste a reconnu avoir commencé sa journée, "comme tous les jours", par un mélange d'eau et de vodka, et avoir de nouveau bu dans la soirée. Chez elle, les gendarmes ont retrouvé 14 bouteilles de vokda. Helga Wauters a aussi été condamnée à verser près de 1,4 million d'euros de dommages et d'intérêts au titre de différents préjudices, aux proches de la victime: son fils, son compagnon de l'époque, sa soeur et les parents de Xynthia Hawke, Helen et Fraser Hawke.

"La justice a donné un exemple pour ce type de médecin, qui n'est pas à mes yeux un médecin, (la justice) a été jusqu'au bout en prononçant ces 3 ans ferme et surtout l'interdiction d'exercer, ce qui montre aussi que c'est une personne incompétente", a réagi Yannick Balthazar, compagnon de l'époque de la victime et père de leur fils.

Article original publié sur BFMTV.com