IVG: le RN propose de constitutionnaliser la loi Veil

La président du groupe Rassemblement national Marine Le Pen à l'Assemblée nationale le 20 octobre. - ALAIN JOCARD / AFP
La président du groupe Rassemblement national Marine Le Pen à l'Assemblée nationale le 20 octobre. - ALAIN JOCARD / AFP

Changement de braquet. Le Rassemblement national (RN) va proposer de constitutionnaliser la loi Veil, aujourd'hui inscrite au Code de la Santé publique, selon des informations de RTL, confirmées par France Info.

Le groupe présidé par Marine Le Pen a déposé un amendement à la proposition de loi que compte présenter La France insoumise (LFI) dans l'hémicycle ce jeudi à l'occasion de sa niche parlementaire pour inscrire le droit à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution. Jusqu'ici, Marine Le Pen avait refusé toute initiative en ce sens. Dans une interview accordée au JDD le 13 novembre dernier, elle tenait les propos suivants:

"Nous ne sommes pas les États-Unis. Aucune formation politique en France ne réclame la suppression de ce droit. Je ne comprends pas bien du coup à quel danger doit répondre cette demande de constitutionalisation".

Le député RN de la Somme Jean-Philippe Tanguy explique à France Info qu'il s'agit de "protéger le droit tel qu'il existe aujourd'hui et ne pas constitutionnaliser un principe très vague qui pourrait ouvrir de nouvelles perspectives".

"Génocidé"

L'élu d'extrême droite estime ainsi que les insoumis - mais aussi les macronistes, qui vont présenter une proposition de loi similaire à celle de LFI - pourraient "garantir le droit à l'avortement sans condition et sans délai" avec leur texte.

Un poids lourd du RN indique à RTL que la manoeuvre vise à éviter le "piège politique qui nous pendait au nez". Celui d'être renvoyé aux ambiguïtés du parti à la flamme. Marine Le Pen, par exemple, avait évoqué lors de sa campagne présidentielle de 2012 un "avortement de confort" qu'elle souhaitait dérembourser.

Plusieurs personnalités éminentes de la formation d'extrême droite se sont distinguées par le passé pour leurs positions anti-avortement. On pense par exemple à Caroline Parmentier, l'attachée de presse de Marine Le Pen devenue députée du Pas-de-Calais lors des dernières élections législatives.

"Après avoir 'génocidé' les enfants français à raison de 200.000 par an, on doit maintenant les remplacer à tour de bras par des migrants", déclarait-t-elle en 2018. Elle était alors rédactrice au journal catholique traditionaliste Présent, classé à l'extrême droite.

Sur France Info, Jean-Philippe Tanguy a souligné "qu'il n'a jamais été question pour Marine Le Pen de remettre en cause le droit à l'IVG". D'après lui, l'amendement du RN "permet de clore ces fausses accusations et [...] de proposer une solution consensuelle".

Article original publié sur BFMTV.com