Pour la seconde fois, l'Italie et le Vatican célèbrent Pâques confinée

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Comme en 2020, à Rome, les liturgies de la Semaine sainte se déroulent dans un contexte de restrictions sanitaires. Pour éviter les grands rassemblements familiaux durant les festivités de Pâques, l’Italie, qui a passé la barre des 100 000 décès liés au Covid-19, est d’ailleurs entièrement reconfinée depuis samedi et jusqu’au 6 avril. Ce dimanche, le pape François a évoqué, avant-tout, les conséquences lourdes du Covid-19 et ses restrictions.

Avant la pandémie, raconte notre correspondante à Rome, Anne Le Nir, la basilique Saint-Pierre accueillait pour la Veillée Pascale environ 10 000 personnes du monde entier. Samedi 3 avril au soir, entouré des concélébrants et d’une centaine de fidèles, tous distanciés et masqués, le pape a prononcé son homélie devant l’autel de la chaire, décorée de roses aux couleurs pastel.

L'espoir de la renaissance

Il a rappelé la présence, toujours dramatique, du coronavirus. Mais a invité chacun à concevoir l’avenir comme l’espoir de la renaissance : « En ces sombres mois de pandémie nous entendons le Seigneur ressuscité qui nous invite à nous relancer. […] Sœur, frère, tes attentes ne seront pas déçues, tes larmes seront séchées, tes peurs seront vaincues par l’espérance. Parce que le Seigneur te précède toujours et avec lui la vie recommence ».

Ce dimanche 4 avril, le pape François a célébré, également à l’intérieur de la basilique Saint-Pierre, la messe de la Résurrection, puis a prononcé sa bénédiction urbi et orbi (à la ville et au monde en français) sans sortir sur le balcon de la basilique vaticane comme c’était la tradition avant la pandémie, écrit notre correspondante au Vatican, Blandine Hugonnet. Un message de Pâques dans lequel le souverain pontife a évoqué, avant tout, les conséquences lourdes du Covid-19 et ses restrictions.

Appel à la paix

Il a appelé toutes les catégories qui en souffrent à garder espoir, les malades, les soignants, les plus démunis et les jeunes. Le pape François a alors lancé un appel fort à l’action en faveur de la vaccination, instrument essentiel pour cette lutte contre le virus : « Dans l’esprit d’un "internationalisme des vaccins", j’exhorte donc toute la communauté internationale à un engagement partagé afin de surmonter les retards dans leur distribution et en favoriser le partage, en particulier avec les pays les plus pauvres. »

Le pape François a ensuite tenu à lancer un appel à la paix, évoquant les conflits et situations difficiles qui frappent de nombreux pays, notamment l’Irak où il s’est rendu le mois dernier. Le chef de l’État du Vatican apporte aussi un soutien particulier au Sahel et au Nigeria, ainsi qu’à la région du Tigré et du Cabo Delgado. À l’occasion de ce message de Pâques, le pape a enfin salué la jeunesse de la Birmanie qui se bat pour défendre la démocratie.

Calme plat à Rome

Dans les rues italiennes, c’est le calme plat. « Nous n'avons pas de restaurants, pas de touristes, nous n'avons personne », se plaint devant sa pile d'artichauts un vendeur du marché du Campo dei Fiori, dans le centre de Rome. Sur la place Navone, habituellement noire de monde en cette période de l'année, seules quelques personnes promènent leur chien ou passent à vélo.