Italie: Le M5S et la Ligue ne ferment pas la porte à Draghi

par Gavin Jones et Angelo Amante
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par Gavin Jones et Angelo Amante

ROME (Reuters) - L'horizon de Mario Draghi s'est un peu éclairci samedi dans ses efforts pour former un gouvernement en Italie, les deux principales formations représentées au Parlement, le Mouvement 5-Etoiles (M5S) et la Ligue, n'ayant pas exclu de lui apporter leur soutien.

La voie n'est toutefois pas encore complètement dégagée pour l'ancien président de la Banque centrale européenne, appelé à la rescousse cette semaine par le président de la République Sergio Mattarella pour tenter de trouver une issue à la crise politique à Rome.

Le M5S comme la Ligue ont tous deux prévenu que leur soutien dépendrait de ses orientations politiques et la formation d'une coalition pourrait encore prendre du temps.

Après ce premier cycle de consultations avec les partis politiques achevé samedi, Mario Draghi va poursuivre ses négociations la semaine prochaine.

Vito Crimi, chef de file du M5S, a dressé une longue liste de priorités, orientées à gauche et pour la défense de l'environnement, qu'il souhaite voir adoptées par un gouvernement Draghi.

"Nous avons dit que nous étions ouverts à examiner si les conditions sont réunies pour participer à un gouvernement", a-t-il dit à la presse après une rencontre de plus d'une heure et demie avec Mario Draghi. "Nous nous déciderons avant tout sur la base des choix politiques."

SALVINI REFUSE DE DIRE "NON"

Le M5S, bâti sur la dénonciation des élites et de l'austérité budgétaire, contrôle le plus gros bloc aussi bien à la Chambre des députés, avec 190 élus sur 629, qu'au Sénat, 92 sièges sur 321.

Matteo Salvini, à la tête de la Ligue, formation hostile à l'immigration et elle aussi critique de l'Union européenne, a paru plus ouvert que Vito Crimi à l'idée de soutenir Mario Draghi.

La Ligue est prête à participer à un gouvernement "qui va à Bruxelles la tête haute au nom de l'intérêt national", a-t-il dit à l'issue de son entretien avec l'ex-président de la BCE, qui a duré deux fois moins longtemps que celui de Vito Crimi. Il a fait état d'"un accord complet sur ce point".

"Contrairement à d'autres, nous ne pensons pas que de dire simplement 'non' vous conduit quelque part", a déclaré Matteo Salvini en allusion à la volonté de certains partis d'exclure la Ligue de tout futur gouvernement. "L'intérêt supérieur du pays doit primer sur tout intérêt personnel ou d'un parti."

Le M5S avait initialement exclu de soutenir Mario Draghi tandis que Matteo Salvini a plusieurs fois changé de position. Le chef de la Ligue avait au départ réclamé des élections anticipées avant de refuser par avance de gouverner avec le M5S puis de dire ce samedi n'exclure aucune piste.

Le Parti démocrate, deuxième force de la coalition sortante formée avec le M5S, a dit ne pas vouloir gouverner avec la Ligue. Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, quatrième force politique au Parlement, a apporté vendredi un soutien sans condition à Mario Draghi mais on ignore si le M5S, lui-même désormais en proie à des tensions internes, serait disposé à gouverner avec une formation qu'il a tant dénoncée.

(Avec Valentina Consiglio; Version française Bertrand Boucey)