En Italie, le retour d'une ex-otage des shebab convertie à l'Islam durant sa captivité fait polémique

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En Italie, le retour d'une ex-otage des shebab convertie à l'Islam durant sa captivité fait polémique

Elle se fait maintenant appeler Aicha, du nom d’une des femmes du prophète. De son vrai nom Silvia Romano, la jeune femme a été enlevée le 20 novembre 2018 au Kenya alors qu’elle travaillait dans un orphelinat. Faite prisonnière par les shebab, un groupe jihadiste, elle est détenue en Somalie jusqu’à sa libération dimanche dernier. Depuis, son cas fait polémique en Italie. 

Les images de son arrivée à l’aéroport ont beaucoup fait réagir. La jeune femme est apparue vêtue d’un jilbab vert, un long voile ample lui arrivant jusqu'au pied, et le visage en partie caché par un masque, coronavirus oblige.

L'Italienne assure s’être convertie librement à l'Islam pendant sa détention. Silvia, ou Aicha, explique avoir "lu le Coran, et beaucoup prié" avant de prendre "la décision de (se) convertir". Elle dit aussi avoir été bien traitée par ses ravisseurs. Mais selon les enquêteurs, la situation psychologique extrêmement difficile dans laquelle s'est retrouvée Silvia Romano pourrait avoir mené à sa conversion.

"Une double victoire des shebab"

En Italie, cette conversion ne passe pas. Qualifiée de "néo-terroriste" par le député d’extrême droite Alessandro Pagano, la jeune femme a également dû essuyer des menaces islamophobes sur les réseaux sociaux.

"Des personnes comme elle seraient exécutées dans les Etats américains qui appliquent la peine de mort", ont par exemple proféré des inconnus. Le parquet de Milan a ouvert une enquête pour "menaces aggravées" et des véhicules des forces de l'ordre patrouillent aux alentours du domicile de la jeune femme.

Autre sujet à controverse: le montant de la rançon versée aux shebab. Après de longues négociations, réalisées avec l’aide de la Turquie, le gouvernement italien de Giuseppe Conte a obtenu le retour de la jeune femme, mais à quel prix? Les médias italiens évoquent des chiffres allant de 1,5 à 4 millions d’euros.

Même si de son côté le gouvernement dément, ces sommes estimées choquent, d’un côté comme de l’autre du spectre politique. À l’extrême droite, le député du mouvement Fratelli d’Italia, Galeazzo Bignami, prévient: "Le message du gouvernement est dangereux. Désormais tous les Italiens à l’étranger courent le risque d’être considérés comme des distributeurs automatiques de billets à la merci des terroristes et des bandits." Tandis que le quotidien de centre-gauche La Repubblica assure qu’il s’agit d’une "double victoire des shebab".


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Article original publié sur BFMTV.com